L'histoire de Saint-Martin de Chamoux commence peu après l'an mil. Mais en 1000 ans, elle a connu de gros remaniements, et divers "propriétaires". Cela commence avec les abbés de St-Rambert en Bugey: de nombreuses paroisses de Savoie ont été dotées d'un prieuré, au temps de la reprise en mains des brebis un peu égarées après l'an mil. Et Chamoux a eu son prieuré…
A.Dh.
Sommaire
Les débuts du christianisme en Savoie
Les Sarrazins en Savoie.
Fondation du tissu ecclésiastique en Savoie
Les diocèses ont été créés par l'empereur romain Dioclétien (284 - 305), pour soutenir le pouvoir impérial. Les premiers évêques (episcopus en latin) étaient des fonctionnaires romains chargés des affaires fiscales, civiles et militaires. En 380 l'empereur Théodose promulgue l'édit de Thessalonique : le christianisme devient la religion officielle de l'empire, et les évêques au nom de la loi, veilleront aussi à la christianisation de la population. C'est le début du pouvoir religieux des évêques. Ces derniers, couronnés avec une couronne de roi le jour de leur intronisation, avaient sur leur diocèse, État dans l'État, les pouvoirs d'un roi : lever une armée, construire des fortifications, prélever des impôts ecclésiastiques et des impôts civils… À la fin du Moyen-Âge, les évêques ont peu à peu perdu leur pouvoir civil.2
La fondation de l’abbaye de Saint-Rambert en Bugey, est une preuve de l’évangélisation de la région dès le Vème siècle
Puis vient le temps des invasions Sarrazines… La présence de ces derniers est attestée, au moins au niveau de la légende, par divers toponymes mauriennais : Pas-des-Sarrazins, Fort-Sarrazin…
On sait aussi que les Sarrazins ont pénétré loin dans les vallées, et beaucoup détruit au cours de leurs rapines, désorganisant gravement les structures administratives en place. Un exemple : la puissante abbaye de la Novalèse, fondée en Piémont en 726 au pied du Mont-Cenis, et qui contrôlait de nombreux établissements religieux en Maurienne, est incendiée en 906 par des bandes sarrazines.3
Aux Xe-XIe siècles, les monastères sont encore assez rares. Fondés par des rois, puis des comtes, ils dépendent le plus souvent d’abbayes prestigieuses, Cluny ou Saint-Michel de la Cluse. Puis l'Église se reprend.
Dans la seconde moitié du XIe siècle, on constate une première vague de nouvelles fondations avec l’apparition d’ordres monastiques nouveaux : Cisterciens, Chartreux (la Grande Chartreuse fut fondée en 1084), chanoines Prémontrés. Ce sont maintenant les grands seigneurs régionaux qui fondent eux aussi, des monastères : les Allinges à Aulps, les Féternes à Abondance, les Faucigny à Chamonix, les Chevron à Tamié.
Dès le milieu du XIIe siècle, seconde vague de fondations : les seigneurs et chevaliers locaux reproduisent au niveau religieux la tendance générale à la localisation des centres du pouvoir.4
C'est le temps de la fondation d'une multitude de prieurés en Savoie.
L'histoire du Prieuré clunisien San Pietro in Lamosa de Provaglio d'Iseo (Brescia-Lombardia) éclaire bien la fonction de ces sanctuaires : en 1083, deux seigneurs donnent à Cluny une petite église édifiée près du Lac d’Iseo, entre la Plaine du Po et les Préalpes. Cette église est rapidement transformée en prieuré clunisien, qui subsistera jusqu’au 1536, date à laquelle son église deviendra paroissiale.
Cette présence clunisienne de quatre siècles permet au prieuré, de dimensions modestes, de jouer un rôle important dans la région : christianiser le territoire, porter assistance aux pauvres, offrir l’hospitalité aux voyageurs, en particulier aux marchands qui allaient de la ville (Brescia) au grand marché du Lac d’Iseo, mais aussi aux bergers qui menaient leurs troupeaux de la plaine aux pâturages préalpins.5
Au XIe siècle, par la réforme, dite grégorienne, l’Eglise se donne une structure hiérarchique où le Pape domine l’ensemble des évêques. L’Eglise pontificale assume dès lors un rôle politique autonome.
Sur le terrain, c’en est fini de la main-mise directe des grands sur leurs monastères. Les lignages de seigneurs ne peuvent plus placer leurs membres à la tête de leur fondation à leur guise.
Le Pape va aussi peser sur l’élection des évêques. Jusqu’alors, ces derniers avaient été nommés d’abord par les rois, puis par leurs entourages ecclésiastiques locaux réunis en chapitre de chanoines : le chapitre de la cathédrale. Le résultat était presque toujours la nomination d’évêques d’origine locale ou régionale très liés aux élites aristocratiques d’où ils provenaient.
À partir du XIIe siècle, le seigneur, le comte ou le prince, ne peut plus considérer les évêques et leurs chapitres comme des relais "naturels" de ses stratégies politiques… et religieuses. Ces évêques peuvent devenir les concurrents des seigneurs, sur tous les plans.4
2012 - Recherche et transcription A.Dh.
Sources
1- définition : http://france-romane.com
2- d'après : http://forums.taleworlds.com
3- http://www.abbazianovalesa.org/origini.htm
4- d'après : www.sabaudia.org/v2/dossiers/savoie1032-1536/public3.php
5- http://www.sitesclunisiens.org/
sommaire
L'abbaye de Saint-Rambert en Bugey
Fondation : avant 1191
15e siècle : « la grande catastrophe »
Nourritures célestes… et terrestres : des soucis très terre-à-terre
XVIe siècle. La Contre-Réforme
XVIIe et XVIIIe siècle : encore des questions très matérielles… et des procès
Mais l'église aussi se dégrade… Le temps des reconstructions
Déliquescence d'un Prieuré
Fin du Prieuré. La Révolution à Chamoux
Pour raconter l’histoire du Prieuré de Chamoux, il nous faut faire un détour par le Bugey, et l’abbaye St-Rambert en Bugey, dont Chamoux dépendait !
Fondée au Ve siècle, l'abbaye de Saint-Rambert, venait d'être restaurée par l'archevêque Leydrade vers l'an 807 : elle comptait alors 50 moines. En 910, l'abbaye, relevait de la juridiction de Lyon. Elle est soumise à celle de Cluny en 1138, par le pape Innocent II, mais la bulle n'eut probablement pas d'effet, car, depuis cette époque jusqu'à sa sécularisation, l’abbaye fut toujours considérée comme relevant directement du Saint-Siège.
Les privilèges de l’abbaye nous sont connus grâce à une traduction française, dressée au XVIIe siècle : dans une « bulle » de 1191, le pape Célestin III confirme tous les privilèges de l’abbaye et cite tous les lieux de sa juridiction, qui sont :
le bourg de Saint-Rambert, l’église de Chamoux, l’église Saint-Michel de Montendry, l’église Saint-Pierre de Villarléger, I’église de Villarsalé, l’église Saint-Julien de Montmajeur, l’église Sainte Marie de Granière, l’église Saint-Pierre de Sanciac, l’église Saint-Pierre d’Apremont, l’église de Saint Bardeau, l’église de Musiac, l’église Sainte-Marie de Lucs, l’église Sainte-Marie de la Porte, l’église de L’Huis, l’église de Saint-Didier, l’église de Campanieu, l’église de Saint-Pierre de Bénonces, l’église Saint-André de Tenay, l’église Saint-Maurice d’Argis, l’église Saint-Martin d’Evosges, l’église Saint-Laurent d’Oncieu, I’église Saint-Pierre d’Arandas, I’église Saint-Michel de la Roche, I’église Saint-Maurice de Conzieu, I’église Saint-Hilaire de Torcieu, l’église Saint-Martin de Cleyzieu, l’église Saint-Martin de Vaux, I’église Saint-Maurice d’Ambutrix, l’église Saint-Maurice de Mergie, l’église Saint-André de Reigneux, l’église Saint-Pierre de Villieu, l’église Sainte-Marie l’hospitalière, la chapelle Sainte-Marie-Madeleine de Loyes, l’église du bourg Saint-Christophe, l’église Saint-Vincent de Faramans, l’église de Saint-Martin de Songieu.
Vaste domaine !
A la suite de la traduction de cette bulle se trouve la traduction d’une autre bulle du pape Paul V, donnée à Rome l’an 1538, le 10 des calendes de janvier, qui est une nouvelle confirmation des privilèges et de la juridiction de l’abbaye de Saint-Rambert.
Le vallon de St-Rambert en Bugey
(près d'Ambérieu) aujourd'hui
Mais quel rapport entre le Bugey et la Combe de Savoie ? On peut au moins constater…
Parmi les plus anciens abbés connus, on note: Anthelme de Miolans d'Hurtière (1341-1361), Hugues de Mont-Mayeur (1361-1389). On remarque encore parmi leurs successeurs Urbain de Miolans, qui devint évêque de Valence et de Die : les grandes familles savoyardes plaçaient volontiers leurs rejetons à l'abbaye. Mais nous allons rencontrer bien d’autres héritiers de la Combe de Savoie à la tête de l’abbaye Saint-Rambert !
Et les Archives 6 racontent:
Une pièce nous informe d’une belle promotion pour un Prieur de Chamoux :
c’est l’annonce par les moines de Saint-Rambert, au frère Anthelme des Uretières [de Urteriis] prieur de Chamoux, de son élection à l’abbatiat, 16 janvier 1341. Notons donc que le Prieur de Chamoux était issu d’une vieille famille de la noblesse savoyarde, proche de Chamoux.
Vingt ans plus tard, cafouillage, avec l’Acte d’élection, comme abbé de Saint-Rambert, d’Hugues de Montmajeur, prieur de Saint Badulfe ; les religieux duquel prieuré ont donné leurs voix à la dite nomination faite en remplacement de l’abbé Jean de Miolans, 13 septembre 1361. Dans la même liasse, un Acte capitulaire confirme cette élection.
Or… c’était au pape de nommer l’abbé !
Le 7 février [1362], le pape entérine l’élection faite par les moines qui ignoraient ses droits ! Et une Bulle d’Innocent VI accorde ses provisions à Hugues de Montmajeur pour l’abbatiat de Saint-Rambert et le prieuré de Saint-Badulfe au diocèse de Grenoble.
Quelle fut la durée de l’abbatiat d’Hugues de Montmajeur ? En tous cas, un Claude de Montmajeur lui succède, et meurt en 1411 : le 3 novembre 1411, élection de frère Amblard du Bourg, prieur de Lhuis, comme abbé de Saint-Rambert, en remplacement de Claude de Montmajeur, décédé le 1er novembre.
L'abbaye, mise en commande au XVIe siècle, fut sécularisée en 1788. Son dernier abbé fut M. de Chantemerle, grand vicaire de Valence. Les prieurés qui en dépendaient étaient alors ceux de Lhuis, de Villiers, du Bourg-Saint-Christophe, d'Yenne, de Saint Badoulphe (Badolphe), de Méry, de Saint-André près Mions, de Saint-Martin-de-Chamou (Chamoux) et de Villars-Salet en Savoie.
En outre, un grand nombre de cures étaient « à la collation des religieux ».
Après l'abbé, l'ordre des dignitaires se composait du grand prieur, du chamarier, de l'aumônier, de l'infirmier, du sacristain, du chantre, du réfecturier, de l'ouvrier et du célerier. <
Mais une abbaye, c’est aussi un pouvoir seigneurial, des revenus financiers, des achats, des ventes, des tractations – en particulier avec le pouvoir des Comtes de Savoie. Et nous verrons que la vie de l'abbaye est aussi faite de disputes avec les églises de sa propre juridiction, qui vont jusqu'au procès !
Rentrons maintenant à Chamoux…
On l'a vu, dans une « bulle » de 1191, le pape Célestin III confirme tous les privilèges de l’abbaye de Saint-Rambert et cite les lieux de sa juridiction, dont l’église de Chamoux : celle-ci existe donc en 1191.
A l’occasion d’un procès pour savoir à qui revenaient les dîmes de la paroisse de la Chapelle, on trouve quelques noms, dans un acte du 12 janvier 1270 7 : le notaire, Guillaume de St-Pancrace ; les témoins : Guigues, moine du prieuré de Chamoux ; Anselme, curé d'Hermillon le clerc Emidon, de St-Jean, et Pierre de la Chambre.
Cela confirme l'existence d'un prieuré à Chamoux en 1270. Et la présence de moines, outre le prieur.
Éboulement, inondation du nant de Montendry : le cloître est détruit et l'église endommagée. La chose est certaine. Ce qui l'est moins, c'est la date de la catastrophe (voir la discussion à propose du château)
Les moines seront-ils maintenus lontgtemps dans des bâtiments très endommagés ?
Les évêques effectuent de temps en temps des visites paroissiales, destinées à connaître et inspecter les lieux de cultes et ceux qui les fréquentent.
• «Au mois de juin 1446, le seigneur cardinal de Varambon, évêque de Maurienne, Louis de la Pallud [mène] ses visites pastorales. [On] le trouve le 7 à La Rochette, La Croix et Villard-Sallet le 8 à Villard-Léger, Chamoux et St. Etienne d'Aiguebelle le 9 à St. Georges et St. Alban d'Hurtières le 11 à Fontcouverte et Villarembert ; le 13 à Albiez-le-Vieux le 20 à Aussois et Modane. »
Il est de nouveau à Chamoux où il meurt au château le 21 septembre en 1451.
«On ne sait comment le cardinal se trouvait alors au château de Chamoux ; peut-être fut-il frappé en cours de visites pastorales, ou était-il allé passer quelques jours avec le propriétaire de cette seigneurie, qu'il devait avoir beaucoup connu à la cour de Savoie. C'était Jean de Seyssel, seigneur de Barjac et de La Rochette, à qui Amédée VIII l'avait vendue et inféodée, avec ses dépendances rière les paroisses de Bettonet, Bourgneuf, Montendry et Montgilbert, par patentes du 16 août 1427. 8
La vie du Prieuré n'est pas faite que de prières : c'est un centre d'activités, on y fait des affaires, des échanges… et des procès. Beaucoup de procès !
• Le 5 juin 1486 « Echange passé entre le seigneur de Louis, comte de La Chambre et Messire Georges Maréchal abbé de Saint-Rambert, prieur de Chamouz, du 5 juin 1486, de certains prés » ; analyse plus ancienne : « Excambia inter illustr. dom. comitem Camere et priore Chamosii ».
Cet échange est fait à la demande de Louis de La Chambre, seigneur de Chamoux, qui veut faire une «serve» pour tenir des poissons près de sa maison de Chamoux.
Ratification de cet accord par le prieur claustral et Pierre d’Ecrivieux et les moines, 1er septembre 1486.9
Encore un abbé de Saint-Rambert, « prieur de Chamoux»! Le Prieuré endommage avait-il encore un Prieur sur place, ou les affaires étaient-elles gérées à distance ?
Nous trouvons ici Louis de la Chambre occupé à des tâches domestiques bien éloignées des forfaits dont certaines de ses biographies font état. Et… nous trouvons peut-être ici l'origine de l'ancien étang du Parc du Château ?
• On connaît encore un Traité entre Philibert Pasturel, religieux infirmier de Saint-Rambert, et les autres religieux, au sujet du prieuré de Chamoux en Maurienne, dont Pasturel, pendant 9 ans, aura à la fois toutes les charges et tous les revenus.
[anc. H 1065 – sans date ?]
Mais voici de nouveau l’abbé-prieur Maréchal : encore des négociations, des échanges ! 10
• 1504 - Echange entre l’abbé Georges Maréchal et les religieux de l’abbaye st-Rambert. L’abbé cède la dîme d’Evosges, tandis que les moines cèdent à l’abbé le tiers de la dîme de Lhuis et de Bénonces ainsi que les 28 florins que l’abbé leur devait à cause du prieuré de Chamoux et du doyenné de Rignieux-le-Franc, 15 janvier 1504.
(On va beaucoup reparler des dîmes de Chamoux ici !)
Mais il n’y avait pas que les rentrées de la dîme : il y avait aussi des frais !
• Bénéfice dont le chapitre [de Saint-Jean de Maurienne] avait le patronage:
- les cures de Valloires, d'Etable de St Sulpice. Du Thyl, de Montdenis, de Montsapey, de Moutricher, de Valmeimer, du Bettonet, de St-Alban-les-Villards, d'Albanne, de La Table d'Albiez-le-Jeune, de St-Martin-d'Arcq, de St-Martin-la-Porte et de St-Julien.
- De plus la cure et le prieuré d'Extravache, les prieurés d'Alton, et de Chamoux, de la Croix-d'Aiguebelle,. de la Corbière et de Montrond.
- Enfin l'hôpital de la Rochette et la chapelle de Bonne-Nouvelle : celle-ci avait été dotée par Rd. Antoine de Polliac, chanoine en 1529.
Tous les titulaires devaient payer au Chapitre 20 florins pour l'entretien des chappes, d'après un statut confirmé en 1471 et en 1521 par les deux cardinaux d'Estouteville et de Gorrevod.
Le prieuré d'Aiton devait au Chapitre une pension annuelle de 15 florins de Vienne ; et était oblige à recevoir honorablement les chanoines dans leurs voyages. 11
Sur la Mappe (accidentée) de 1728-1732
Le cœur du vllage de Chamoux : on voit l’église, et des bâtiments du prieuré – s’il en restait. Document ADS, DR.
En 1542, le pape Paul III convoque le «concile de Trente», dix-neuvième concile œcuménique reconnu par l'Église catholique, pour répondre aux thèses protestantes, dans le cadre de la Réforme ; il débute le 13 décembre 1545, et se poursuit durant dix-huit ans et vingt-cinq sessions (cinq pontificats : Paul III, Jules III, Marcel II, Paul IV et Pie IV) et se tient dans trois villes.. (en France, la fin du Concile de Trente va coïncider avec le début des guerres de religion).
Le renouveau du catholicisme est enclenché : c’est la Contre-Réforme, qui se traduit en Savoie par une explosion de l’Art Baroque.
• Mgr Philibert Millet, neveu et successeur de Mgr Pierre de Lambert sur le siège épiscopal de Maurienne, visita l'église paroissiale et la collégiale de Chamoux en 1596 et en 1609. Nous avons les notes de son secrétaire sur cette seconde visite. Le curé se nommait Jacques Rémorin.
Voir l'article dans "Textes à l'appui" ndlr
À l'église était annexé un prieuré, dont messire André Duguat était titulaire, et un bénéfice dit "de la sacristie". Les avoirs de la cure se composaient d'un revenu de cinq chariots de froment, huit charges de vin et six florins d'argent, et d'une propriété de neuf sétorées de prés et dix-huit fossorées de vigne.
La maison du prieur étant tombée en ruine, l'évêque enjoignit à l'abbaye de Saint-Rambert, de laquelle le prieuré dépendait, de la faire rebâtir, sous peine de saisie des fruits. 12
Le prieur avait donc en principe «sa maison», et de gros soucis pour la maintenir. (À Randens, chacun des chanoines avait sa maison, et ses domestiques… mais ce train de vie ne semblait pas normal)
On assiste ici à un conflit d'autorité entre l'évêque de Maurienne et l'abbaye de St Rambert en Bugey.
• 1610 – Dîme encore : le sieur André Dagniat, fermier du prieuré de Chamoux, «estime que les dîmes de ladite paroisse de Montendry fussent dépendant dudit prieuré» : il perd le procès devant l’official d’Aiguebelle, et en appel devant le métropolitain de Vienne ; mais il en appelle à Rome et gagne son procès en 1617 devant l’évêque de Genève, délégué du Saint-Siège. 13
On voit que le sieur Dagniat gère le prieuré de Chamoux, qu'il revendique les dîmes de Montendry… mais pas au profit de Saint-Rambert ! Et il ne lâche pas l’affaire, jusqu’au moment où il gagne son procès.
Pourtant, dix ans plus tard, tout est à refaire. On constate en tous cas que la gestion des dîmes, et la désignation du bénéficiaire final, posaient problème. Il est vrai que les actes officiels fondateurs avaient souvent disparu depuis longtemps (d’où l’invocation de la coutume, «depuis des temps immémoriaux»)
• 1620 – Dîme toujours : nouveau procès, entre les abbé et religieux de Saint-Rambert, demandeurs en requête, d’une part, et Jean Masset, curé de Montendry, défendeur, d’autre part.
Les abbé et religieux de Saint-Rambert, demandeurs, disent que le prieuré de Chamoux, perpétuellement annexé à I’abbaye de Saint-Rambert, a depuis un temps immémorial la dîme de la paroisse de Montendry, «moyennant la pension annuelle qui est perçue par le curé dudit lieu, qui prend ladite pension par les mains des accensataires et fermiers des revenus dudit prieuré, mais sous prétexte que ledit curé, partie adverse, a perçu lesdites dîmes pendant quelques années en qualité de sous-accensataire desdites fermes et censes, il s’en serait à la fin voulu rendre maître absolu».
Le défendeur dit que déjà, en 1610, un sieur André Dagniat, fermier du prieuré de Chamoux, «estimant que les dîmes de ladite paroisse de Montendry fussent dépendant dudit prieuré», lui a intenté, devant l’official d’Aiguebelle, un procès que le défendeur a perdu, comme il a perdu le procès en appel devant le métropolitain de Vienne, mais qu’en ayant encore appelé à Rome, il a gagné son procès en 1617 devant I’évêque de Genève, délégué du Saint-Siége.
Arrêt du Sénat de Savoie en faveur des demandeurs. 14
L’approche du passé d’un village au travers des Archives donne une image biaisée de la vie quotidienne : ce ne sont que procès en Justice, ventes de maquignon, et testaments contradictoires devant notaire !
Les ecclésiastiques avaient pourtant d’autres soucis. Ainsi, de cet appel du roi Victor-Amédée II au clergé, afin de protéger les populations de la peste autrement que par des pélerinages !
• Appel fait au clergé de Maurienne par le roi Victor Amédée II, pour l’engager à concourir aux frais de création et d'entretien des cordons sanitaires à établir sur quelques frontières de la Savoie pour empêcher l’introduction de la peste qui avait envahi les provinces méridionales de la France :
Du septième aoust mit sept cent vingt-un, (7 août 1721)
Se sont assemblés dans le palais de l’Évéché de Maurienne (suit une longue liste de prêtres, dont: Rd Hyacinte Didier, curé de Chamoux et en qualité de député du monastère du Betton)
Dans laquelle assemblée Monseigneur l'Illustrissime et Revérendissime évêque de Maurienne, a fait lecture de la lettre qu'il a reçeu de son Excellence le Comte de Sales, dattée du vingtième juillet proche passée, par laquelle Sa dite Excellence asseure que S. M. ne désaprouvera. pas que le clergé de Maurienne fasse une assemblée composée du nombre des, députés de la part des Rds curés du diocèse, ainsi que des chapitres et d'un religieux de chacune des maisons religieuses, afin de procéder à la répartition de la contribution qui a été ci devant demandée au clergé pour subvenir aux frais des barrières et gardes qui se font en Savoie afin de prévenir et éloigner la contagion qui infecte les pays voisins.15
• 23 avril 1669. — La Société d’Histoire de Maurienne relève pour cette date une transaction entre la communauté de Chamoux et les religieux de Saint-Rambert en Bugey.16 (Sans autre détail : à élucider. ndlr)
• 1675, Dîmes à nouveau : Accensement de la dîme au hameau de Chamoux, au revenu annuel de cinq charges de froment, de deux charges de seigle et d’une d’orge.17
• 1682-1687 - Transaction passée entre les Révérends Chanoines, et chapitre de St Jean de Maurienne d'une part, et le Révérend Doyen et chanoines de Chamoux, d'autre, occasion d'un seytier de bon hypocrat deü audit chapitre annuellement, et payable la veille de St Jean Baptiste par le prieur de St Pierre de la Corbière d'Urtières, et portable audit St Jean, lequel a été uni au doyenné de Chamoux, par laquelle est convenu qu'au lieu dudit hypocrat sera donné annuellement aux dits chanoines, et chapitre la somme de cent florins par ledit doyen chaque veille du dit Jean Baptiste,
la ditte transaction du 17 Mars 1685, receu et signée par Me Odomard, Notaire avec l'arrest d'homologation d'icelle ensuitte. 18
hypocrat : je ne trouve pas « hypocrat » dans mes sources, mais « hypocras »: le mot n'apparaîtrait qu'au XIVème siècle, pour désigner un vin épicé, (pratique courante depuis les Romains) censé posséder des vertus digestives – d’où la référence au médecin grec Hypocrate ; un coup de pub en somme ?
N’oublions pas que la Maurienne recourait volontiers à ses vins, ou à ceux de la Combe… ndlr
Le chapitre de Maurienne a donc bien voix… au chapitre, en ce qui concerne Chamoux.
Pourtant, à l'origine, l'église et le Prieuré de Chamoux ne relevaient que de l'abbaye St Rambert en Bugey. Mais pas les curés : on a déjà vu que les évêques de St Jean de Maurienne visitaient St Martin de Chamoux, et menaçaient l'abbaye de sanctions.
Les églises voisines de Chamoux relevaient quant à elles «normalement» du Diocèse de Maurienne (l’évéché étant à Saint-Jean de Maurienne).
On sait que le prieuré de St Pierre de la Corbière était lié à la Collégiale de Chamoux (voir ci après). C’est la Corbière qui était redevable.
Epierre - Le prieuré de la Corbière par M. le chanoine Truchet. 19
«La date de la fondation du prieuré de la Corbière, dont le prieur Richard allait entreprendre la reconstruction en ce lieu, est inconnue. Mais on peut avec beaucoup de probabilité la reporter au VIIIe siècle
L’article s’appuie sur une copie de l’acte original (vidimus) faisant état de la refondation du prieuré :
«Celui-ci a été fait, par l'official de Chambéry pour Mgr. Laurent Alaman, évêque de Grenoble, le 27 avril 1502, dans l'église Saint-Léger.
L'acte de donation commence ainsi :
« Au nom de la Sainte Trinité. A tous les fidèles de la sainte Eglise présents et futurs je notifie que moi Nanthelme de Miolans vicomte, fils de feu Nantelme de Miolans, acquiesçant aux pieuses demandes de Richard de Termignon, prieur de la Corbière, et de ses moines. pour le remède de mon âme et de celles de mes prédécesseurs, en présence des témoins bas nommés, je donne et cède à l'église et au prieuré de la Corbière le lieu dans lequel seront construits l'église, le réfectoire et les autres dépendances, dans les limites qui ont été placées, au lieu appelé Belle Ville, et par le présent acte j'investis de ce lieu toi Richard prieur et tes successeurs.
« Suit l'état des donations et inféodations que Nantelme de Miolans fait au prieuré. (…) »
L'acte est écrit, par ordre du comte Thomas, par le notaire Anselme le 23 août 1198.
(…) En 1502, Pierre de la Ravoire était prieur commendataire «du prieuré de St-Pierre de la Corbière de l'ordre de St-Benoît.» Ce fut lui qui requit de l'official de Chambéry le vidimus dont nous avons une copie.
«En 1515, le comte Louis de La Chambre, ayant fondé la collégiale de Sainte-Anne à Chamoux, lui unit le prieuré de la Corbière. Mais le torrent avait ravagé les propriétés et renversé une grande partie des bâtiments.
Cependant en 1571, lors de la visite de Mgr. Pierre de Lambert, le vicaire et fermier du chapitre de Chamoux, messire Claude Domenget, déclara que les revenus s'élevaient encore à 450 florins, environ 2.000 fr. de notre monnaie en valeur commerciale.
Le doyen de la collégiale de Sainte-Anne avait le titre de prieur de la Corbière et celui de seigneur de St Pierre-de-Belleville qu'il portait encore au XVIIIe siècle. En cette dernière qualité, il nommait le juge de sa minuscule seigneurie et faisait des règlements de police.
En 1748, messire Antoine Ripert, doyen de Chamoux, prieur de la Corbière, seigneur de Belleville, défendit de détourner l'eau du ruisseau du Nant pour la conduire à un martinet. »
Il faudrait aussi explorer aux A.D. de Savoie 20 diverses citations de Chamoux pour des revenus ecclésiastiques et autres questions de gestion :
• 1602-1787. - Paroisses et communautés - Chamoux :
3 à 8. lettres, ordonnances épiscopales et autres pièces relatives au chapitre de Chamoux, à son doyen et à son sacristain(1678 et 1755)
9 à 43. chapelle de Saint-Antoine, chapelle des SS. Blaise et Eustache;
14. État des revenus de la sacristie de Chamoux;
15 à 18. démissions et institutions ;
19. inventaire des biens de la cure (1787)
• Décembre 1692 21
Transaction passée entre les scindics, conseillers et communiers de Chamoux, et les religieux de St Rambert comme prieurs du prieuré du dit Chamoux
- par laquelle le service divin qui doit être fait audit Chamoux par les dits communiers de St Rambert est réglé
- comme aussy l'ausmone qui doit être distribuée aux pauvres du lieu de Chamoux les vendredy du caresme, étant convenu qu'il sera distribué par Messieurs de St Rambert soit par leur fermier à chaque pauvre un mourceau soit Cartier de pain de la pesanteur de demy livre poid d'Ayguebelle composé de bled cavallin*, sans mettre au dit pain le son du dit bled,
- sont aussy tenus les dits révérends de St Rambert de maintenir les cordes des cloches sauf que les communiers du dit Chamoux n'y commissent abus, ou bien qu'on vinssent à les enlever, ou dérober auquel cas les dits communiers seront tenus à la manutention,
- seront encore tenus les dits de St Rambert de maintenir le chœur et le sancta sanctorum de la ditte église parroissiale de Chamoux,
la ditte transaction du 25 Avril 1669, receüe par les notaires MANCERT, TOGUET et Emmanuel FAVRE avec la requeste et décret ensuitte pour obtenir l'enregistrement d'icelle transaction du 13 Décembre 1692.
Ce sont encore "les religieux de St Rambert comme prieurs du prieuré du dit Chamoux" qui tiennent le rôle de prieurs de Chamoux : voilà qui règle la question du Prieuré vétuste, si on n'y loge plus !
La moindre dépense fait donc l’objet d’un accord (devant notaire), même une longueur de cordes pour les cloches. On voit apparaître des rôles : le scindic (nommé – et non élu - jusqu’au XIXe siècle : c’est «l’ancêtre » du maire), les conseillers, et les « communiers ».
La transaction décrit la forme prise par l’aumône (une très vilaine affaire d’aumône troubla l’ordre en Maurienne) : faut-il croire que les abbés trichaient sur la qualité du pain des pauvres, au point de leur interdire de farcir la pâte de son ?
Bref, les liens continuent à se distendre entre Chamoux et Saint-Rambert.
Mais l'église aussi se dégrade…
Le temps des reconstructions
• 19 juin 1698 22 : «condamnation des religieux de St-Rambert en Bugey à faire faire incessamment les réparations nécessaires au chœur de l’église paroissiale de Chamoux, et même la saisie des dîmes de la paroisse fut accordée aux paroissiens jusqu’à ce que lesdites réparations aient été faites»
Selon divers documents qui se recopient peut-être, «en 1717, l'église St-Martin est retournée». En 1717 ?
En fait, en 1699, la famille Deglapigny (le curé, le sacristain, et leurs proches à de moindres degrés), ont financé la reconstruction de la nef.
En 1719, le chœur est à son tour reconstruit, mais à l'opposé de sa position précédente (les comptes-rendus des évêques sont explicites, voir les articles "Textes à l'appui")
On dispose même de la "facture" très détaillée du maître maçon et du maître charpentier pour le chœur et la sacristie.
À noter : nulle trace en 1719 de travaux sur la façade baroque, pas d'information sur l'aménagement baroque de l'intérieur. Il n'est question nulle part de l'aménagement d'un nouveau portail, indispensable en cas de "retournement".
En revanche, on voit que la sacristie construite contre le chœur, est alors dotée d'un portail travaillé, qui a disparu aujourd'hui (au profit de cette fenêtre qui nous intrigue ?)
Une figure dans la vie chamoyarde, Michel Savey 23
• Mai 1743. le Révérend Esprit Combet note, à l’intention de son évêque :
« Michel Savey, de Chamoux, docteur de Turin, remplace Dupré.
Ce chanoine fut une des illustrations du Chapitre.
Nommé par le pape en juin 1738, à la cure de St-Pierre-de-Souci, il l'échangea en 1734 contre celle de Villarsallet. Deux ans après sa promotion au canonicat, en mars 1745 il fut nommé vicaire général et official et installé à l'évêché. Le 4 novembre 1787, Mgr de Martiniana le fait son premier grand vicaire, official et supérieur de son séminaire. Il ne dirigea cette maison que trois ou quatre ans mais il continua l'exercice de son dévouement à l'évêque et au diocèse, jusqu'au coup d'apoplexie qui l'enleva à la vénération et à la reconnaissance de tous, le 28 avril 1777. Son testament donnait tout son délaissé au séminaire. Un arrêt du sénat, obtenu par l’avocat Savey, frére du défunt, l'annula le 28 août 1778. Il a laissé un manuscrit sur le diocèse.»
• 1765-1768.- Dîme 24 : "le grand prieur et les religieux de la royale abbaye de St-Rambert en Bugey, intentent un procès devant le Sénat, à François Pillet, curé de Montendry : malgré la transaction qu’ils avaient passée, le 9 mai 1640, avec révérend Gabriel Plaisance, curé de Montendry, le défendeur ayant prétendu les troubler dans la possession de la dîme, ils furent obligés de le convenir céans ainsi que par requête du 31 janvier 1742 pour être maintenus... dans la possession de ladite dîme et pour obtenir a son préjudice des inhibitions de trouble dans le cours de cette instance, dont la poursuite a été interrompue par intervalle, ledit Me Pillet a élevé différentes contestations au sujet de la portion congrue qu’il a prétendu n’être pas complète, et Iesdits suppliants lui ont fait observer qu’il n’en pouvait pas être question après ladite transaction qui réglait ses prétentions et au moyen de laquelle il doit se borner à ce qui lui avait été promis et relâche par icelle, n’étant pas en droit de percevoir la dîme et de jouir ensemble des choses mentionnées dans cet acte, de manière qu’ils ont persisté à leurs conclusions pour la dîme en blé comme par acte du 30 août 1750, en payant 6 vaisseaux de froment et 4 vaisseaux seigle de la manière portée par ladite transaction.»
Les phrases courtes et claires ne sont pas légion dans ces textes !
Que remarquons-nous ?
- en 1640, le curé de Montendry est le révérend Gabriel Plaisance,
- en 1750, un accord éphémère est passé entre Montendry et les abbés de St Rambert et Bugey.
- vers 1765-1768, François Pillet, curé de Montendry, conteste.
D’une manière générale, les relations entre l’abbaye de Saint-Rambert et les prêtres ne sont pas toujours bonnes, ceux-ci se déclarent mal traités, et on cherche les liens humains.
En 1717, le sacristain est Jacques Deglapigny : il porte le nom d'une famille de notables du village (en 1741, l'actuel "Prieuré" est appelé "Maison Deglapigny" par le vicaire général du Diocèse)
En août 1735, le Sénat de Savoie prononce la mise sous séquestre des biens du Prieuré : à la requête des Communiers de Chamoux, Jacques Deglapigny est écarté de la gestion. Les Communiers nomment pour 6 ans un économe et exacteur laïque.
Voir l'acte d'élection
En 1741, les Révérends de St-Rambert acensent 25a de nouveau pour six ans le Prieuré et ses dépendances à un laïque, cette fois… de la famille de Jacques Deglapigny : il s'agit de Claude-François Deglapigny. Apparemment, le Prieuré lui-même est compris dans le lot.
Voir le contrat d'acensement enregistré par le Tabellion d'Aiguebelle.
• Chamoux 25b - [à la Collégiale], "Il y avait autrefois un chapitre de huit chanoines, réduit à deux, qui ont peine à vivre ; ils sont de la nomination du baron de Chamoux.
[Au prieuré], le sacristain n'est pas du chapitre, mais de l'église paroissiale ; il est de libre collation, quoique les moines de Saint-Rambert prétendent l’établir.
Il y avait un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Rambert en Bugey, cédé nouvellement aux moines de Bellevau, qui forment de grands projets sur la cure et la sacristie."
Si on peut prendre en compte les informations que nous donne ici la Société d'Histoire, on apprend qu’en 1741, le prieuré aurait changé de mains (pour peu de temps ; mais nos autres sources semblent contredir cette information) ; quoiqu'il en soit, la Révolution allait disperser aussi les moines de Bellevaux (en Bauges).
Quant au sacristain, autrefois « procureur » de l’abbaye auprès du curé, le voilà émancipé – mais alors, qui le nommait ?
L'église se dégrade…
• 1772-1775. - Dîme, église paroissiale 26 ; le syndic et les conseillers de la Communauté intentent un procès devant le Sénat de Savoie aux révérends prieur et religieux de St-Rambert en Bugey qui «possèdent le prieuré de St-Martin situé à Chamoux, duquel dépend la cure de Montendry» : il y a plusieurs réparations à faire tant au chœur qu’à la sacristie, vases sacrés et ornements.
Or, révérend Maurice Guerraz, sacristain de Chamoux, qui est possesseur actuel de tous les revenus dépendant du prieuré en qualité de procureur des révérends religieux de St-Rambert, fait refus de faire faire Ies réparations, sous prétexte qu’il a relâché les dîmes au Curé ; et le curé prétend à son tour «n’avoir rien au-delà de sa portion congrue»
Mais où sont passées les dîmes ?
En tous cas, nous constatons que le révérend Maurice Guerraz est sacristain de Chamoux, possesseur actuel de tous les revenus dépendant du prieuré, procureur des religieux de St-Rambert : il ne faut pas le confondre avec le curé en place à l’église pariossiale, «réduit à la portion congrue», selon la formule qui nous est restée. L'église est toujours liée au prieuré.
On voit aussi que la population a ses propres représentants, syndic et conseillers.
Mais le XVIIIe siècle s’achève, la Révolution est en germe : les heures de Saint-Rambert sont comptées.
L'abbaye mise en commande au XVIe siècle, est sécularisée en 1788.
Juste avant la Révolution !
• Noms des Émigrés et des Déportés de la Maurienne pendant la Révolution française 27
Page 31 d'une longue liste, nous découvrons parmi les prêtres qui avaient émigré, le nom du curé en place à Chamoux : N. Rambaud.
Un couard ? Les témoignages laissent penser que les Révolutionnaires, pourtant accueillis en Savoie, eurent la main lourde (voir ci-dessous) : on peut donc comprendre la tentation de passer des cols familiers vers le Piémont ! Cependant, le citoyen baron d'Albert resta (vieux, et, il est vrai, seul et dépossédé) dans le château de Chamoux, et y mourut. (voir notice Baron Joseph d'Albert)
Il faut se rappeler que les notables qui ont mené ces recherches à la fin du XIXe siècles, et qui commentent ici les faits, étaient proches de l’évêché de Maurienne…
« Tous les émigrés et les déportés ne figurent pas dans ce tableau, parce qu'un certain nombre de ceux qui ne s'étaient pas éloignés au début, ont dû le faire plus tard, à cause des recherches incessantes dont ils étaient l'objet, et dont la solution finale était la déportation. Ils cherchaient l'émigration, qui leur laissait la liberté, l'espoir d'un retour plus ou moins rapproché et la presque certitude de pouvoir être secourus par leurs familles. Les prêtres, de leur côté, espéraient pouvoir reprendre leur ministère dans leurs paroisses.
Tous les prêtres non plus ne sont pas partis ; il en est qui n'ont fait que s'absenter temporairement pour dépister les espions, le Directoire exécutif, la gendarmerie, etc. puis ils revenaient quand on leur faisait savoir qu'on ne s'occupait plus d'eux et qu'on les croyait définitivement émigrés.
A leur retour du Piémont, où ils avaient trouvé un refuge assuré et une généreuse hospitalité accordée par NN. SS. de Martiniana et de Brichanteau, qui ont pourvu aux besoins des plus âgés, procuré des vicariats, des places d'instituteurs à d'autres, ils sont rentrés dans leurs paroisses, célébrant la messe dans une église ou une chapelle toujours dépouillée et souvent dévastée, dans une chambre, dans une grange, parfois en rase campagne, sur une table appuyée contre un arbre et gardés par des jeunes gens de la commune qui se tenaient à distance, armés de frondes et munis de pierres qu'ils ont eu quelquefois occasion de lancer contre les gendarmes quand ils les voyaient venir de loin ; ils permettaient ainsi au célébrant d'achever sa messe, puis lui, les assistants et les surveillants disparaissaient.
Les prêtres baptisaient, mariaient, faisaient le catéchisme confessaient, administraient les sacrements assistaient les mourants, tantôt sous un costume, tantôt sous un autre, pour n'être pas reconnus, pas même soupçonnés. Ils mangeaient çà ou là, couchaient une nuit dans un lit, demain dans un autre, dans une grange, dans une étable, dans un galetas et parfois dans une forêt. Ils allaient d'une commune à l'autre, tant pour y remplir leur ministère que pour échapper à ceux qui voulaient s'emparer d'eux.
Toutefois, malgré leurs soins à se cacher, malgré la vigilance dont nos populations religieuses les entouraient, quelques-uns, de temps à autre, ont été arrêtés et déportés après la formation de ce tableau.»
• EXTRAIT du procès-verbal de l’administration du Directoire du département du Mont-Blanc, du 25 fructidor an II (13 septembre 1794) de la République une, indivisible et démocratique 28 :
« Vu l'état des noms des émigrés des districts de Chambéry, Annecy, Carouge, Thonon, Cluses, Mont-Salin (ci-devant Moûtiers) et Arc (ci-devant Saint-Jean de Maurienne), formant le département du Mont-Blanc, dressé en exécution des lois des 8 avril 1792 et 28 mars 1793 (vieux style);
Le Directoire du département du Mont-Blanc arrête que ledit état sera imprimé, publié et affiché dans tout le ressort du département ; que, conformément à l'article XVI, section V, il en sera adressé des exemplaires à chacune des douze commissions exécutives, à tous les départements de la République, au tribunal criminel du département, au directeur général de l'agence nationale des domaines et de l'enregistrement du département,
- pour prendre l'administration des biens qui leur ont appartenu, aux directoires des districts,
- pour être par eux envoyés à toutes les municipalités aux comités de surveillance et sociétés populaires du département,
et invite lesdits municipalités et comités de surveillance, sociétés populaires et tous les citoyens qui auraient des renseignements ultérieurs à fournir relativement aux émigrés qui n'auraient pas été compris dans la présente liste, soit qu'ils possèdent des biens, soit qu'ils n'en possèdent pas, ou qui seraient émigrés depuis la formation de ladite liste,
- de les adresser, dans le délai d'une huitaine, prescrit par l'article XIV, section V, de la loi du 28 mars 179[ ?], aux directeurs des districts,
- et ceux-ci, dans pareil délai, à l'administration du département, pour en être dressé des listes supplétives ;
- de tenir enfin la main à l'exécution des lois des 31 octobre, 1, 3, 10 et 25 novembre 1792 (vieux style) ;
- invite pareillement les municipalités, comités de surveillance, sociétés populaires et tous les citoyens, à dénoncer les émigrés qui seraient rentrés ou rentreraient sur le territoire de la République, soient qu'ils aient été compris dans la liste, soit qu'ils n'y soient pas, leur rappelant, à cet effet, l'article LXXII, section XII de la loi du 28 mars, qui accorde cent livres de récompense à tous ceux qui les dénonceront.
Signé au registre : Chamoux*, président; Grand, Olive, Somelier, Dufour, Gucher, administrateurs, et Velat, secrétaire général . Certifié conforme à l'original, Velat, secrétaire général. »
* rien ne permet d'affirmer une proximité entre le citoyen Chamoux, très actif en Savoie, et le village du même nom.
Beaucoup d'églises perdirent leur chapeau dans l'affaire : nombre de clochers furent rabaissés, au sens propre et au sens figuré, et leur aiguille disparut. Fut-ce le cas de celui de Chamoux ? Peut-être pas : le dernier étage" du clocher, qui peut correspondre à la surélévation du XVIIIe s, est à peu près au même niveau que le faîtage actuel de l'église. Reste la toiture du clocher : bulbe, aiguille ? Quelle était sa "coiffure" avant la Révolution ?
Et puis… on ne parla plus du Prieuré, dont il ne restait pas grand chose à vrai dire…
Le curé N. Rambaud revint d'exil, puis Jean-Baptiste Rambaud lui succéda (un neveu ???) : tous deux affligés d'une écriture torturée, maintinrent la pratique du (bas) latin dans la tenue des Registres paroissiaux, malgré les consignes qui autorisaient une notation en français depuis le cours du XVIIIe siècle… Au moins, ils restaient neutres quand ils enregistraient un bébé dit "illégitime" (ce n'était pas le cas du curé de St-Pierre d'Albigny par exemple…)
2012, 2015, 2018, 2020, Recherche et transcriptions A.Dh.
Notes:
* cavallin : orge et avoine mêlées (AS B1622 F°3)
Sources
6- AD Ain http://www.archives-numerisees.ain.fr/archives/ : FRAD01_abbaye_de_saint_rambert)
H 15 Offices claustraux .. 1341-1780 (Liasse) - 14 pièces, parchemin ; 21 pièces, papier ; 2 pièces imprimées
7- Gallica - Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne : bulletin 1908 (SER2,T4,PART2) p.89-91 Remarque : l’origine des documents n’est pas toujours précisée dans ces Travaux (le plus souvent la source était : les Archives du Diocèse de St-Jean de Maurienne)
8- Gallica - Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne : bulletin 1894 (SER2T1) p.133 bis etc
9- AD Ain http://www.archives-numerisees.ain.fr/archives/ : FRAD01_abbaye_de_saint_rambert) H 145bis - 1486 - Prieuré de Chamoux en Maurienne
10- AD Ain http://www.archives-numerisees.ain.fr/archives/ : FRAD01_abbaye_de_saint_rambert)
11- Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne : bulletin 1871 (VOL3)
12- Gallica - Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne : bulletin 1885 (VOL6.) p.258
13- AD Savoie IR 2803
14- AD Savoie - IR 2803 Archives canton Chamoux avant 1793 - Inventaire sommaire des Archives communales antérieures à 1793. Série E- supplément 1492. -.GG. 3. (Cahier.) - in-f°, 47 feuillets
15- Gallica - Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne : bulletin 1871 (VOL3) page 221
16- Gallica - Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne : bulletin 1867 (VOL2)-1869. p. 252 Anciennement aux Archives de l’évéché à st_Jean de Maurienne (en 1860)
17- AD Ain http://www.archives-numerisees.ain.fr/archives/ : FRAD01_abbaye_de_saint_rambert) H 19
18- AD Savoie Inventaire des répertoires des registres des Edits Bulles - IR 208 1682-1703 Fol" 108 – (cote ADS 9872 des minutes des notaires IR 514 à 58) - 2B - 232 Fo7” 577 (1682-1687)
19- Gallica - Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne : bulletin 1901 (SER2,T3,PART1) p.193
20- AD Savoie - IR 601B / G. Maurienne 128. - Liasse. - 2 pièces parchemin,3 cahiers, 21 pièces papier
21- AD Savoie - B - 1456 Fc:" 600 (1690-1695) ) Inventaire des répertoires des registres des Edits Bulles - Fol" 86 Vo
22- AD Savoie -IR 2803 Archives canton Chamoux avant 1793)
23- Gallica - Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne : bulletin 1871 (VOL3) pages 279
24- AD Savoie - IR 2803 Archives canton Chamoux avant 1793) GG. 3. (Registre.) - in-f°, 148 feuillets.
25a - ADS - archives en ligne - tabellion d'Aiguebelle 1740 : Acensement par l'Abbaye de St Rambert à Claude François Deglapigny de Chamoux pour 6 ans - Fo 63 (p.85/369) (à voir aussi : AD073 cote 2C 2135 vue 289 : transaction des communiers avec St Rambert le 5 juin 1738)
25b - Gallica - Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne : bull. 1871 (VOL3) page 74
26- AD Savoie - IR 2803 Archives canton Chamoux avant 1793) pas de réf. documents
27- Gallica - Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne : bulletin 1871 (VOL3) pages 35-36
28- AD Savoie (à compléter)
Le lieu de culte, un prieuré, est dès l’origine (avant 1191) dédié à Saint-Martin. Il aurait toujours été d’obédience bénédictine (Cluny).
La construction d'une église à double vocation (Prieuré et Paroisse), est estimée (source ?) du XIIIe siècle, de style roman.
État actuel du bâti relevant (peut-être) du Prieuré à des époques diverses. (Voir l'orientation générale S-E/N-O) •>
Les bâtiments ne sont évidemment pas tous de la même époque : le prieuré comme institution a duré au moins 600 ans. Et la catastrophe du XVe siècle a détruit ou au moins endommagé le prieuré ancien, vite ruiné (maison du prieur, maison des chanoines…).
C'est probablement l'église qui conserve les vestiges les plus anciens, plus précisément, le clocher.
L'ex presbytère (aujourd'hui, la "Nouvelle Mairie") avec ses deux niveaux de sous-sols, l'actuel bâtiment dénommé "prieuré" (dit parfois dans les textes "maison Deglapigny"), ne remontent probablement pas au-delà du XVIIe siècle pour le plus ancien (?)
- nef orientée sud-est / nord-ouest, autel côté nord-ouest ;
- le "fond" (côté chœur) est plat et aveugle;
Côté sud-ouest Côté sud-est : façade Côté nord-est Angle ouest : le "fond"
- sur les côtés, et le «fond» actuel, même appareillage complexe (caillou roulé, schistes… liés au mortier).
On croit voir dans le mur sud-ouest des traces d'une ouverture, que l'on croirait surbaissée (y a-t-il le moindre rapport avec l'histoire de l'ensevelissement ?)
Un transept fait saillie des 2 côtés. Une petite sacristie prolonge le transept sud-ouest vers le nord.
- les deux extrémités de la nef présentent un appareillage différent ;
- le mur "de façade" est plat.
La porte est surmontée d'un grand arc pris dans la masse du mur - fonctionnel ? ou décoratif ?
3 niches, destinées à des statues. Au début du XXe siècle, ces statues étaient encore noyées dans un enduit qui a été retiré ; l'une manque. On croit reconnaître dans les 2 restantes, Saint Martin (patron de l'église) et Saint François de Sales (canonisé en 1665). Que devint la 3ème ?
Un escalier de 10 marches descend aujourd'hui vers la porte ; en effet, le niveau du sol de l'église est ici bien au-dessous de celui de la chaussée. (l'évêque comptait "3 ou 4 marches" au début du XIXe siècle: les divers aménagements modernes ont donc considérablement relevé le niveau de la chaussée.)
On attribue le dénivelé (bien perceptible du sud-est au nord-ouest) à l'éboulement du XVe siècle. Cette situation, critiquée par l'évêché, rend encore plus curieux le "retournement" évoqué par le compte-rendu de la visite pastorale de 1717 (on a donc "désorienté" encore plus le sanctuaire, pour lui donner accès par la zone apparemment la plus perturbée... mais ausssi, la plus proche du cœur du village et des maisons nobles ?)
- des baies triples (ou "triplets") donnent le jour sur les côtés et en façade ("fond" aveugle), sauf au début des côtés : on reconnaît une disposition semblable dans d'autres églises remaniées après le Concile de Trente, telle St-Marcel de la Chambre, restaurée en 1688 29 (dans ces deux cas : une baie haute arrondie, 2 baies étroites rectangulaires, l'ensemble prend alors le nom de "serliennes").
- la sacristie de St Martin de Chamoux, côté presbytère, est éclairée par une fenêtre… dont il est longuement question dans la notice "Sainte-Anne de Chamoux". Elle avait au XVIIIe s. une porte extérieure.
- au début du XXe siècle, la façade était crépie, les niches et leurs habitants cachés (mais on peut deviner leur existence sur les photos anciennes).
Sur le fronton, 2 occulus encadraient une peinture à fresque.
On voit que les reliefs en forme de pilastres, curieusement interrompus aujourd'hui, se prolongeaient jusqu'au-dessus de la porte. Le bas du mur simulait un appareillage de pierre taillée.
Le carnet de photos
St-Martin de Chamoux : angle du clocher avec le mur de nef - façade
- 10 marches pour descendre à l'église ("3 ou 4 marches" dit l'évêque, Michel Rosset en 1827)
Comparaison : d'autres baies en triplets (plutôt que : en "serlienne")
Collégiale St-Marcel de la Chambre (Maurienne) Dans les hauts de St-Pierre de Belleville
Massif des Hurtières, Maurienne).
St-Martin de Chamoux entre 1900 et 1930 : au total, la façade était plus "animée" avant les réparations (en 1930-32)
Comparaison : pour le jeu des pilastres, pour la serlienne, et aussi, pour les saints dans leur niche finissant en coquille, il faudrait comparer les vestiges de la façade de Chamoux, par exemple avec la façade de l'église "borrominienne" de la Sainte-Trinité des Contamines, en Faucigny (postérieure à 1758).
(photo Jean-Pol Grandmont, CC)
Histoire ? Le temps de la Contre-Réforme
La façade de St Martin de Chamoux
Ce grand mur plat, austère, s'anime encore de quelques éléments (hélas mutilés) qui peuvent relever de l'époque baroque, celle où l'évêque de Maurienne commande une série d'aménagements dans les églises de son diocèse:
- un décor de niches garnies de statues, ménage des jeux d'ombres et de lumières qui animent cette surface unie. La niche centrale est légèrement plus haute que ses voisines. Leur fond présente un léger relief rayonnant évoquant une coquille - ou la gloire des saints ? On en voit bien le dessin dans la niche vide. Les statues sont "en torsion" ; elles regardent l"horizon - et non le ciel. Elles occupent totalement leur niche (particulièrement Saint Martin, dans son manteau qui épouse la paroi). Les bras, éléments débordants, sont abimés (souvenir de leur enfermement, oude leur dégagement ?)
- le bandeau en léger relief qui englobe la partie haute des baies, simule un entablement à l'antique (?) qui reposerait sur des pilastres carrés - ceux-ci aujourd'hui à peine amorcés. La frise alterne triglyphes (cannelures) et métopes nus : décoration néo-classique assez fréquente.
- les chambranles des baies s'achèvent en "chapiteaux ioniques" (les "chapiteaux" extérieurs semblent coupés en deux ! Mais leur motif central est complet). Ornements végétaux (roses, raisins… une pomme de pin ?)
- Un enduit rosâtre colore les fonds des niches et la mouluration haute, il laisse voir des traces blanches. Les niches, leurs statues, et les moulurations sont-elles de la même époque ?
- les fenêtres en 3 éléments (triplets, ou "serliennes"?), semblables à d'autres baies baroques de la région, peuvent dater de la fin du XVIIe (ou début du XVIIIe siècle).
- Faut-il voir dans l'arc de pierre qui se développe d'un saint à l'autre, comme certains l'écrivent, le souvenir de l'ouverture du chœur ancien avant le "retournement" ? (???°
Le fond du chœur est plat : on sait que même certaines églises médiévales ont perdu leur chevet au temps de la Contre-Réforme, selon les préconisations de l'évêque, au profit de murs plats mieux adaptés à l'installation des grands rétables.
Le carnet de photos
Histoire ?
- La partie basse du clocher semble appartenir à l'église la plus ancienne (période romane), avec cet appareillage "en arête de poisson", bien perceptible à 2,50 m de hauteur, sur les 3 murs visibles.
- À la jonction du mur nord-ouest du clocher, et du mur de la nef, on distingue bien un arrachement : trace du mur de l'ancienne nef ?
- En haut du clocher, les baies de la rangée inférieure paraissent également romanes.
- Que penser des deux rangées supérieures ? La rangée intermédiaire a manifestement été remaniée, les baies qui n'ont pas été bouchées ont dû diminuer de hauteur. La rangée supérieure (dont les murs sont crépis), de même allure générale que la rangée inférieure à première vue, présente pourtant un module différent ; est-elle postérieure ? Liée à une surélévation du clocher au moment de la réfection de la nef ??? Il est en effet question de réparations au clocher après la reconstruction de l'église (entre 1719 et 1726 ? cf l'article Presbytère ruiné)
- Le toit du clocher, en dôme, a-t-il gardé son aspect original, ou bien, a-t-il été modifié, peut-être à l'occasion de la Révolution, qui écrêta tant d'aiguilles pour en finir avec leur domination du village? le clocher ne dépasse guère le faîtage, peut-être s'en tira-t-il mieux que les tourelles du château (écrêtées). Il faudrait au moins "interroger" l'âge de la charpente.
Le rez-de-chaussée du clocher a longtemps accueilli une chapelle "des saints Blaise et Eustache", dont les patrons étaient les de Jordane. Puis, le comte et ministre d'état Pierre de Melarède acheta le fief du Bettonnet: il devint aussi le "patron" de la chapelle, avec droit de nomination du recteur. Mais il eut du mal à faire reconnaître ses droits, quand il voulut nommer un de ses protégés des revenus étaient associés à la chapelle: c'est grâce à cette ressource que les prêtres de campagne pouvaient se maintenir, puisque leur "portion congrue" était fort mince).
Malgré ses hauts titres, Pierre de Mellarède dut batailler contre l'évêque, et rassembler et exhiber les preuves de ses droits : voir le dossier ici
La voûte de la nef, dite parfois "voûte romane", a fait l'objet d'une cabale durant la Révolution, qui opposa les édiles chamoyards, et ceux de Bettonnet, Châteauneuf, La Trinité, qui annonçaient à grands cris la ruine imminente de l'église St-Martin : il s'agissait surtout de transférer le maximum de compétences du côté des villages contestataires, mêmre petitement logés !
(voir "Chamoux à la peine / sous occupation / 1793-1814")
Puis à nouveau au XXe siècle, elle a durement divisé… à Chamoux : lorsque des morceaux du plafond sont tombés dans la nef le 31 décembre 1930, la question s'est posée de la solidité de la couverture. On trancha, et malgré de vives oppositions de l'évêché, on détruisit la voûte (plutôt baroque que "romane") en 1932. Cassée à grand peine, elle fut remplacée par une voûte "qui épousait le toit" bien trop sonore, peu appréciée ; laquelle laissa place à son tour 50 ans plus tard à l'actuel plafond de bois (1988).
Le carnet de photos
la réfection de la toiture en 1930-1932
2 vues du chœur, depuis la tribune, avant la destruction des voûtes (fissurées) ; le plafond était peint de médaillons. Noter la décoration du chœur. Les côtés de la nef étaient ornés de "pilastres" à chapiteaux "ioniques", comme la façade.
On reconnaît à droite une baie simple. On peut deviner, dans le transept et dans le chœur, un éclairage naturel plus généreux.
En 1930, la décoration générale de l'église répondait aux critères de la Contre-Réforme.
- de la lumière, grâce aux fenêtres triples !
- Tribune au-dessus de l'entrée.
- Le chœur à fond plat et son autel
- trois rétables : celui du maître-autel, et ceux des chapelles latérales.
- le tableau du maître-autel voué au patron de la paroisse, St-Martin.
- un calvaire : les éléments - le Christ en croix, Marie et Jean- sont aujourd'hui déposés contre le mur Est de la nef: datés du XVIe siècle, ils viennent peut-être d'une Poutre de Gloire de l'ancienne église détruite à la fin du XVIIe siècle; ils ont probablement longtemps résidé sur l'ancienne tribune, avant leur installation dans la pseudo-chapelle est dans la nef.
La chaire baroque bleue et or, est attribuée (source?) à François Cuenot, 1618-1686. Elle viendrait de l'église saint-Léger de Chambéry, où elle enveloppait un pilier sur 3 côtés : le mobilier de cette vieille église, détruite en 1760, fut d'abord remisé dans des hangars, avant d'être vendu aux enchères.
On connaît la date (1771) de l'achat du retable du maître-autel qui fut acquis par l'église Saint-Alban-des-Hurtières ; mais rien -pour l'instant- en ce qui concerne l'acquisition la chaire par Chamoux.
Voir ici les éléments sûrs ou hypothétiques que nous avons pu rassembler
On peut très probablement reconnaître la chaire actuelle dans ces descriptions, en 1827, par l'évêque Alexis Billiet : "La chaire qui est placée convenablement au milieu de l'Église est enrichie de sculptures dorées qui en font un des beaux ornements du lieu saint" ; et en 1892 par l'évêque Michel Rosset : "La Chaire a été transportée, elle a été très bien redorée ; elle est bien sculptée, et produit un très bel effet; elle a appartenu à l’église St Léger de Chambéry, comme cela paraît démontré, et l’on a tout lieu de croire que c’est du haut de cette chaire que St François de Sales a annoncé la parole de Dieu dans la susdite église"
Notons donc que ce meuble a beaucoup voyagé ! D'abord, si l'on accepte l'origine chambérienne, de St-Léger aux remises, puis peut-être dans l'église de Chamoux (mais elle aurait pu passer par un sanctuaire intermédiaire, le Betton peut-être!) : à Chamoux, on la voit au milieu de l'église, puis à l'angle du chœur et de la chapelle du Rosaire, puis à l'angle de la nef et de la chapelle du Rosaire… ses articulations peuvent bien être un peu fatiguées!
On sait que le rétable de la chapelle du Rosaire à l'est, est dû aux frères Gilardi : c'est Giuseppe Andrea Gilardi qui l'écrit dans ses Mémoires 2. "Je crois également, qu’ils [son équipe] s’étaient engagés pour un autel latéral à Chamu (Chamoux). Ce dernier, nous l’avons fait pour sept cents ou huit cents livres. Marchetti a fabriqué les colonnes avec les planches. N’ayant pas de morceau de bois adéquat, il alla nous en faire de bien solides et bien commodes à travailler ; la menuiserie rend l’homme habile et elles ne se sont pas fendues." Dans ses Mémoires, Giuseppe place ces travaux vers 1824 ; mais le cahier de la Fabrique est plus précis : en 1824, la Fabrique et le Révérend Molins paient 514 livres "aux Italiens qui ont blanchi l’Église et refait l’autel du Rosaire, prix fait et journées…"
Mais… l'évêque n'en fait guère de cas lors de sa visite de 1827 , "Dans les deux bras que forme la croix de l'église, sont deux autels, l'un dit du St Sacrement, qui n'a point de rétable ni de pierre sacrée, (…) et l'autre dédié à N.D. du Rosaire, est assez propre, et en bon état, et construit canoniquement."
Est-ce la raison pour laquelle le nouveau curé, Charles-André Bois, passe contrat avec les fils Gilardi en décembre 1831, pour l’érection de l’autel du Rosaire ? Montant convenu : 600 livres neuves, livraison au plus tard à la Toussaint 1832 . Et en effet, les Gilardi livrent leur travail, et reçoivent 657 livres (et 50 centimes), en raison d'une "augmentation d'œuvre". (voir "Textes à l'appui")
Cette fois, l'évêque salue le travail (visite de 1833) : "Depuis notre dernière visite, le Rd Curé a fait faire un assez beau rétable à l'autel du Rosaire".
(Les Gilardi soient aussi les auteurs de l'autre rétable latéral, vers 1850)
Ils interviennent de nouveau en 1854, pour refaire le maître-autel ; il remplacera un ensemble baroque dont nous avons la description rapide dans une visite de l'évêque en 1827 : "le grand autel est composé de deux grandes colonnes et de deux pilastres en stuc coloré supportant une cimaise où l'on voit cette inscription : "Soli Deo honnor et gloria" "; montant convenu pour le nouvel autel : 3200 livres neuves.(voir "Textes à l'appui")
L'évêque sera satisfait : "Nous avons eu la satisfaction de voir que la fabrique a fait exécuter un autel en bois doré avec son rétable. Le plan et l’exécution de ce maître-autel nous ont paru bien conçus et bien conduits. Le Groupe qui surmonte la frise produit un bon effet et les deux anges adorateurs qui sont aux côtés du tabernacle, de grandeur naturelle, sont religieusement exécutés. La fabrique a dû s’imposer pour cela des sacrifices et des dettes. Les comptes nous ont été exposés et nous les avons trouvés réguliers." (VP 1854)
Les fresques
Mais entre temps, des collègues et amis des Gilardi, de la Valsesia eux aussi, vont décorer l'église de fresques. Les recherches de Mme Bogey-Rey en attestent, textes à l'appui : en 1847, le Conseil communal, en accord avec la Fabrique de Chamoux et son Curé, passe commande de fresques pour le chœur, auxquelles on ajoutera 4 médaillons pour le transept, la reprise de la décoration au centre de la voûte, deux "statues" en tromp-l'œil, peintes en grisaille au fond du chœur, et une décoration en grisaille sur la façade. Le tout pour une somme convenue de 3700 £ neuves. En novembre 1847, Giuseppe et Lorenzo Avondo ont rempli leur contrat !
cliquer ici pour voir le contrat avec le détail de la commande, et le paiement final, ainsi que le repérage des fresques sur photos
Notons que les Avondo sont aussi les auteurs de la décoration peinte de la belle église baroque de St-Nicolas de Véroce, en Faucigny, et de l'église de Pont-de-Beauvioisin ; entre autres.
Ces fresques sont très fortement influencées par un grand peintre de la Renaissance italienne, Gaudenzio Ferrari*, qui a réalisé de nombreuses peintures religieuses en Valsesia, en particulier à Notre-Dame des Grâces à Varallo (1513) : le Jardin des Oliviers et la Résurrection qui ornent le chœur de l'église de Chamoux, les représentations des prophètes dans les médaillons du transept, trouvent leur modèle à Varallo ; mais la copie n'est pas servile - on pourrait même préférer la Résurrection de Chamoux pour son élan, sa luminosité !
Mais ce ne fut pas l'avis des Chamoyards quelques années plus tard, puisqu'on badigeonna les fresques (on voyait alors deux grisailles au fond du chœur, disparues à leur tour depuis la restauration).
En 1950, le curé fait réhabiliter les fresques du chœur (Mgr Duc, évêque de Maurienne, note : "M. le curé a déjà fait d’heureuses améliorations dans le chœur, notamment par une belle boiserie et par deux fresques qu’il a fait découvrir en enlevant un mauvais badigeon. Peut-être pourra-t-on obtenir une subvention de l’État.".
* * *
En 1972, un inspecteur des Monuments historiques fait état "de 2 statues découvertes durant la réfection de la façade". Il y reconnaît St-Martin et St-Antoine (nous émettons des doutes pour St Antoine, croyant plutôt "reconnaître" François de Sales)1
En 1990, on découvre dans le transept les médaillons des prophètes sous la peinture uniforme. Réhabilitation. (cliquer pour plus d'infos, et voir un article en publi-reportage, l'archive n'a malheureusement pas conservé la date ni le nom de la publication)
(cf photo ancienne ci-dessous avant 1932)
Avril 1991 : une association chamoyarde fondée pour l'occasion a organisé une souscription3, les sièges (bancs familiaux, prie-dieu réservés…) sont remplacé par des bancs. Quelques bancs familiaux sont cependant conservés… un peu à l'écart.
Le carnet de photos
ci-dessus : vue du chœur (photo non datée, avant les travaux des années 1930).
- ci-dessus à gauche, rétable de Gilardi (1832)
- à droite, la chaire attribuée à François Cuenot (1618-1686), achetée après la démolition
de l'église St-Léger à Chambéry, en place en 1827 (1ère visite pastorale après la Révolution).
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Au fond du chœur, St Martin (patron de l'église ; né en Pannonie vers 316, mort en 397)
rétable en bois doré des frères Gilardi (1854)
A gauche dans le chœur, le Christ au Mont des Oliviers. A droite la résurrection du Christ,
fresques peintes par les frères Giuseppe et Lorenzo Avondo en 1847.
Pour tenter de situer la fresque de la Résurrection dans l'Histoire de l'Art, cliquer ici.
Moïse, Aaron, David, et Isaïe, fresques peintes par les frères Avondo en 1847.
de gauche à droite, de haut en bas : : Isaïe (et son phylactère prophétique),
Aaron (et son pectoral), Moïse (et ses Tables), David (et sa harpe).
Sur le Prieuré, ses maisons, son cloître, on possède essentiellement des informations par les textes : on a vu qu'il fut très endommagé au XVe siècle, et jamais relevé.
Dans sa "Brève notice du Diocèse de Maurienne, pour Monseigneur Grisella de Rosignan", le Révérend Savey, Vicaire général du Diocèse, note en 1741 : "Au levant de l'église, la maison Deglapigny était la maison du prieuré de Saint-Rambert, qui avait été réuni au couvent de Saint-Rambert, dans le Bugey."
Les Deglapigny étaient une famille de notables active dans le village pendant plus de 200 ans, qui a donné des fils à l'Église.
Ils furent les principaux contributeurs pour la reconstruction de l'église en 1696-1699.
Ils semblent aussi à l'origine des travaux au Prieuré (réparations? reconstruction?)
Ce qui expliquerait que l'on ait quelque temps donné leur nom à cette demeure au XVIIIe siècle.
Mais l'étude des phases de construction reste à faire.
Au XXIe siècle, on appelle toujours ce bâtiment "le prieuré".
La Mairie de Chamoux était située "dans les hauts" du village.
Elle a brûlé en 1991. Après travaux, la "nouvelle" Mairie s'est installée dans l'ancien presbytère en 1993. Pour l'histoire récente du vieux bâtiment devenu nouvelle Mairie, voir "Constructions"
Construit à la limite du déferlement de l'avalanche de boue, le presbytère, comme d'autres bâtiments anciens de Chamoux, possède aujourd'hui 2 niveaux enterrés.
Ce bâtiment était-il déjà ce presbytère très ancien qui valut aux Chamoyards une injonction du Sénat en 1725-26 ? Ce dernier tombait "en masure", le Révérend Hyacinte Didier*, curé de Saint-Martin, réclamait au moins des réparations sérieuses, pour un logement décent.
Incident dont nous gardons la trace dans une Archive, bien intéressante aussi pour rencontrer la population mâle de Chamoux!
Le style du bâtiment invite à penser que les Chamoyards reconstruisirent en fait largement le presbytère au XVIIIe siècle. Diverses archives municipales du XIXe siècle décrivent l'intérieur : d'abord sans "commodités", il est rendu peu à peu plus confortable.
Au début du XXe siècle, il perd sa symétrie: pour élargie la rue qui le longe, il est réduit de 2m, malgré le courroux du prêtre. (autres archives... fulminantes des années 30)
oct. 2012 - mar 2015 - juil 2018 - A.Dh.
Notes
1- Paris, le 11 mars 1972. L'inspecteur des Monuments Historiques Christian Prvost-Macilhacy à Monsieur le Conservateur régional des Bâtiments de France à Lyon : "J'ai été averti récemment que, lors de la réfection de la façade de l'édifice cité en référence, avaient été découvertes deux statues dans les niches de la façade : Saint-Martin, patron de l'église ; et Saint-Antoine. Je me suis rendu sur place, et ai constaté que ces statues sont traitées en haut relief, engagées dans la paroi du fond et doivent donc être considérées comme immeubles. Il me paraît donc opportun de faire établir un dossier d'inscription à l'Inventaire Supplémentaire sur la liste des Immeubles, de ces deux statues. "
2- la facture réglée le 30-04-1991 s'élevait à 39805F
Liens
* Pour découvrir le travail de Gaudenzio Ferrari en 1513 dans l'église de Santa Maria delle Grazie à Varallo Sesia (Vercelli), consulter ce site extraordinaire : http://www.haltadefinizione.com/magnifier.jsp?idopera=2
Sources
1- http://www.tourisme-la-chambre.com, source initiale à trouver
2- Les carnets des « campagnes » d’un sculpteur de rétables en Savoie à l’Âge baroque (Mémoires de Giuseppe Andrea Gilardi dits « Riche Journal d’un artiste pauvre ») Éd. la Fontaine de Siloé, présenté par Annick Bogey-Rey ISBN 978-2-84206-454-9
Photos A.Dh. / CCA sauf mention contraire
- Le clocher est accolé à la nef, en retrait de la façade.
- l'appareillage est nettement différent de celui des murs de la nef et du transept, mais il varie avec la hauteur : en bas, on repère bien des lits de pierres "en arête de poisson" du moyen-âge.
- Les baies : 3 rangées de fenêtres (certaines murées) : première rangée de 2 ouvertures à arc en plein cintre ; le chambranle intermédiaire est orné d'une petite colonne à chapiteau côté façade et côté chœur ; puis une rangée de 2 ouvertures apparemment moins hautes, mais qui ont manifestement été reprises ; enfin, une rangée supérieure, au-dessus d'un filet (solin) dont le relief forme égout pour les eaux de pluie ; le mur est crépi au niveau supérieur.
- Toit en dome ("tulipe") couvert de tuiles en écailles.
- côté sud-ouest : une ouverture haute et étroite, en pleine cintre, remaniée, donne du jour à mi hauteur. On voit aussi au niveau du sol une ouverture curieuse, côté sud.
- côté nord-est : sur les photos prises (peut-être par Marius Neyroud) pendant la réfection des voutes, on peut voir la trace des ouvertures, habituellement cachées par la toiture de la nef : la disposition semble la même que sur le mur sud-ouest, avec les mêmes baies aveuglées.
En effet, le clocher a été surélevé au XVIIIe siècle, après la reconstruction de la nef, et certaines baies ont été bouchées (voir Clocher surélevé)
- côté nord-ouest, le mur du clocher est percé de trous de boulin (pour les échafaudages). Une porte d'accès ouvre au bas de cet côté : on y pénètre en descendant une marche (cf l'ensevelissement du XVe siècle): cette porte correspond probablement à l'ouverture ordonnée par l'évêque lors de la Visite paroisssiale de 1689 ; en face, vers l'église, une autre porte, elle aussi préconisée par Mgr de Masin, dessert le transept sud-ouest (dans les deux cas, jeu de marches pour compenser les dénivelés)
Vue rare sur le clocher, durant les travaux
de réfection de la toiture (années 1930)
Le carnet de photos
À gauche: mur sud-est du clocher ; à 2,5 m de haut, lit de pierres "en arêtes de poissons"
Au milieu: A: une haute baie, peut-être en partie bouchée dans le bas ? B: Une autre ouverture comblée au niveau du sol. C: lit de pierres "en arêtes de poissons".
À droite: A: trous de boulin. B: traces d'arrachement d'un mur. C: accès actuel au clocher. D: accès au transept.
À gauche: vue sur le haut du clocher, côté sud-est : 2 baies comblées, 3 modules différents, le module intermédiaire (B) remanié (pour supporter la surélévation au XVIIIe siècle ?)
- rangée A, un chapiteau sur une colonne engagée entre les 2 baies (E).
- en C, un léger relief (filet) éloigne des eaux de ruissellement.
- rangée D, mur crépi, baies plus étroites.
- en F, détail d'appareillage curieux à droite de la baie comblée, achevant une bande verticale elle aussi d'aspect différent.
Au milieu: gros plan sur F : pierres taillées, de calibre nettement supérieur aux autres pierres, et de nature différente (calcaire?)
À droite: sous ces pierres en F, c'est toute une rangée verticale qui diffère de l'appareillage général du mur, dans l'angle du clocher.
À gauche: côté sud-est, gros plan sur la rangée inférieure, avec sa colonnette engagée et son chapiteau.
À droite: côté nord-ouest, gros plan sur la baie double de la rangée inférieure, sa colonne et son chapiteau.
Enfin, au pied du clocher, côté sud, un grand arc brisé accueille une lucarne minuscule, juste suffisante pour laisser passer les chats du voisinage, qui montent se chauffer au soleil à l'ouest sur la haute ouverture "gothique". Autre enigme à relier aux questions "F" ???
L'ouverture d'accès au clocher, vue de l'extérieur… et de l'intérieur
<• D'abord, petite déception : dans la pièce au rez-de-chaussée, nulle trace de la "chapelle saint-Blaise et saint-Eustache sous le clocher" et de son autel, régulièrement évoqués dans les visites pastorales1. Les murs sont nus ; sol de terre. Seules quelques planches (récentes) sont remisées sur un côté…
Au fond, quelques marches irrégulières mais solides, sont éclairées chichement par une lucarne ; mais à l'intérieur comme à l'extérieur, les arcs brisés interrogent.
Les marches donnent accès à une plateforme, éclairée par la haute baie de l'ouest. •>
Une belle surprise : dans le mur mitoyen de la nef (côté est), 2 portes laissent imaginer des circulations directes entre le clocher et l'ancien chœur roman (ou plus tard la nef baroque ?) : on devait accéder par l'ouverture de gauche, puis regagner l'église - plus en hauteur - par celle de droite, en gravissant les 6 marches - vers une tribune ?
Ici, il faut citer la Visite pastorale de juin 1689 2 (7 ans avant la démolition de l'église romane) :
" Il y a un degré de bois en forme de galerie pour monter du chœur au clocher, qui gâte la symétrie dudit choeur ; outre qu'il est détérioré et malséant et que l'on pourrait faire une porte en bas pour entrer audit clocher."
Nous avons la réponse : dans l'église romane, pour monter dans le clocher, il fallait passer par un escalier de bois qui prenait dans le chœur… et arivait à l'une des deux issues aujourd'hui murées. Reste à déterminer laquelle des deux ouvertures date de l'église romane. L'autre date probablement de la reconstruction, destinée à accéder depuis la nouvelle nef à la tribune.
Mais alors, puisqu'il n'y avait pas de porte au "rez-de-chaussée", comment accédait-on à la chapelle basse des saints Blaise et Eustache ? En redescendant d'un niveau ? par le rude escalier en dur actuel ? Nous voilà de nouveau perplexes !
A noter, à droite, un petit arc décentré - mais dans l'alignement de l'ouverture murée - au-dessus du passage à l'oblique (il faut bien éviter les dernières marches actuelles en dur venant du rez-de-chaussée).
Une haute volée récente de marches de bois permet de gagner la plateforme suivante éclairée par les baies romanes.
On rencontrera un beau mécanisme de réglage des sonneries. •>
Puis voici la grosse cloche, et son puissant appareillage de bois, qui donna poutant bien du souci aux édiles chamoyards.
On peut déchiffrer une partie du texte moulé dans la masse, sur l'épaule et sur la robe:
COMMUNE DE CHAMOUX
JE M APPELLE --- --- ---
PARRAIN ERNEST DUTRAIT
MARRAINE CELINE DE LACONNAY3
--- REFONDUE EN 1879 PAR LES SOINS DU --- ---
CONSEILLERS MUNICIPAUX
MM DUTRAIT ERNEST MAIRE
METRAUX EDOUARD NOTAIRE
GUILLOT CHARLES GREFFIER
MAMY JOSEPH CULTIVATEUR
REVY PIERRE ADJOINT
VILLERMET PIERRE CULTIVATEUR
JANDET SIMON AGENT D AFFAIRES
TOURNAFOND FRANÇOIS CULTIVATEUR
MAILLET PAUL
NEYROUD SIMON
FOURNIER * *
Plus tard, d'autres Chamoyards ont laissé leur nom à l'intérieur de la robe, à la craie : on lit peut-être Dénarié, Fantin, et encore ?…
Elisa C. se souvient que les derniers sonneurs de cloches avant l'électrification, trois jeunes gens, avaient nom Michel Dénarié, Henri Fantin et Paul Prunier : CQFD ?
2020- Texte et photos A.Dh., PF, DB
Notes
1- Déjà en 1689 Mgr de Valpergue de Masin écrivait dans sa visite pastorale : « Dessous le clocher, il y a autre chapelle de St Blaise et St Eustache ; elle est sans garniture quelle qui soit, sauf qu'il y a deux vieilles statues et presque pourries ; il y a longtemps que l'on n'y célèbre pas »
(VP 1689, FH de Valpergue de Masin, http://chamoux-sur-gelon.fr/page/1689-visite-past )
2 - transcription de Félix Bernard dans PAROISSES DU DÉCANAT DE LA ROCHETTE (Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, 1958)
3- Marie-Françoise Céline de Laconnay du Foug (de la Tour à Villardizier) était l'épouse de Rémi Dutrait, et la mère d'Ernest Dutrait, maire de Chamoux (et plus tard sous-préfet). Elle est morte à 92 ans en 1910 à St-Bénoît, à Chambéry.
A-t-elle donné son prénom à la cloche ??? (communication Elisa C.)
Pour en savoir plus…
sur l'entretien jamais fini des cloches au XIXe siècle,, voir https://chamoux-sur-gelon.fr/page/cloches
Sources
Largement : Jeanne Plaisance, dans Autrefois… Chamoux
Pour les chercheurs : ressources à explorer.
Aux Archives Départementales de Savoie
• ADS - Moyen-Age et Ancien Régime / Fonds des administrations d'Ancien Régime jusqu'en 1793 / Administration générale du duché
C 347 Finances et comptabilité. Transcription de mandats ordonnancés par l'intendant général de Chambéry, sur la caisse des exacteurs des tailles communales, pour le paiement des travaux publics et des autres dépenses à la charge des communes :
– au conseil communal de Chamoux, « provisoirement et s'agissant du service divin qui ne souffre aucun retard, » la somme nécessaire à l'entretien du luminaire de l'église paroissiale, en attendant le jugement d'un procès que la commune soutenait contre les religieux de Saint-Rambert, à l'occasion de ce luminaire (1772-1779)
C 349 Finances et comptabilité. – Transcription de mandats ordonnancés par l'intendant général de Chambéry, sur la caisse des exacteurs communaux, pour les dépenses à la charge des communes : – pour le remboursement des frais dus par la commune de Châteauneuf, dans un procès contre Révérend Rodde, curé de Chamoux, et les administrateurs de l'hôpital d'Annecy, en qualité d'héritiers de Révérend Ducret, chanoine de la cathédrale d'Annecy ; (1782-1788)
- C 391 Impôts de toute nature. – Budgets des recettes et dépenses des communes de la province de Savoie-Propre, réglés par l'intendant général, qui fixe les augmentations ou diminutions de tailles. – A Chamoux, gage du monteur de l'horloge. (1784-1785)
- C 4859 Décisions. – Déclaratoires pour les biens de l’ancien patrimoine de l’Église dans la province de Savoie-Propre, avec les pièces justificatives. – Tome II, de la commune d’Aiguebelle à celle de Drumettaz-Clarafond. – A Aiguebelle ; – déclaratoire pour le chapitre collégial de Sainte-Catherine. (…) – A Châteauneuf ; – idem. pour la cure de Saint-Blaise ; les cures de Bourgneuf, de Chamoux et de Châteauneuf. (1731-1753)
• Cadastre général de : Chamoux-sur-Gelon. - Tabelle-minute (Cadastre primitif) de la commune de Chamoux, contenant les noms de tous les propriétaires ; par ordre alphabétique et indiquant, pour chacune des parcelles qui leur appartiennent, le numéro cadastral, le lieu-dit, la nature de culture et la contenance en mesures de Savoie et de Piémont. - Biens de noble Blanc, gouverneur de Miolans ; de noble Bazin ; des chapelles de Montranger, de Villardizier, de Saint-Gras, de Saint-Blaise, de Saint-Sébastien, de Saint-Jean, de Sainte-Catherine, du baron de Châteauneuf ; de la chartreuse de Saint-Hugon ; de la cure du Bettonnet ; de la cure de Chamoux ; de la cure de Villard- d'Héry ; des nobles Pierre et Charles du Villard ; des nobles Antoine et Louis-Hercule Degalis ; des nobles de Livron, Vincent de Lalée, Pierre de Mellarède ; du baron de Montfort ; de l’évêque de Maurienne ; du prieuré de Saint-Rambert ; du prieuré de Saint-Robert ; du marquis de Saint-Michel ; biens indivis entre les communes de Chamoux pour 2/3 et Bourgneuf pour 1/3 ; biens communaux du village de Montranger ; de la commune de Chamoux ; châteauvieux au-dessus de Chamoux ; chapelle de Notre-dame de Grâce. etc. Surface cadastrée de la commune : 3662 J. 112 T. 0P. en mesures de Savoie.
Dates extêmes : 1729 - ...
Cote : C 2494 Cote à consulter: 4Num 250 Producteur :Bureau de la Péréquation générale et du cadastre Lieu : Chamoux-sur-Gelon Comm.
Communicabilité : Non
• Cadastre général de : Châteauneuf. - Tabelle générale (Cadastre récapitulatif) de la commune de Châteaunenf, contenant, outre les éléments du cadastre primitif, le degré de bonté, les augmentations et déductions, le revenu et la cote de la taille. - Certificat constatant que les terres, dans la commune, paient la dîme par tiers au curé de la paroisse, au prieuré de Chamoux et à M. Manuel, et que les biens de l'ancien patrimoine de l?Église et ceux du seigneur de Châteauneuf sont exempts, comme venant du prince de Carignan.
Dates extêmes : 1731 - 1741
Cote : C 2580 Cote à consulter: 4Num 231 Producteur : Bureau de la Péréquation générale et du cadastre
Lieu : Châteauneuf Comm.
Communicabilité : Non
• Cadastre général de : Montendry. - Tabelle générale (Cadastre récapitulatif) de la commune de Montendry. - 2e et dernier volume. - État indiquant les dîmes payées au curé de Montendry et au prieuré de Chamoux. - Certificat constatant les droits d?affouage et d'alpéage payés au baron de Montfort, seigneur de Montendry, par les 100 communiers dudit lien, pour la jouissance des bois et pâturages communaux.
Dates extêmes : 1731 - 1738 Cote : C 3339 Producteur : Bureau de la Péréquation générale et du cadastre
Lieu : Montendry Comm.
Communicabilité : Com
• Cadastre général de : Saint-Georges-des-Hurtières. - Tabelle générale (Cadastre récapitulatif) de la commune de Saint-Georges-d?Hurtières. - 2e et dernier volume. - État des droits payés au doyen de Chamoux, au prieuré de Notre-Dame de Bellevaux, aux curés d'Aiguebelle et de Saint-Georges-d'Hurtières. - Certificat constatant que les 140 communiers de Saint-Georges-d'Hurtières ne paient aucun droit seigneurial pour la jouissance des biens communaux.
Dates extêmes : 1731 - 1738
Cote : C 3986 Producteur : Bureau de la Péréquation générale et du cadastre
Lieu : Saint-Georges-des-Hurtières Comm.
Communicabilité : Com
• article L'excursion de Chamoux (24 juillet 1907). in Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la Maurienne, (1904, 1908)
in Revue : SOCIETE D'HISTOIRE ET D'ARCHEOLOGIE DE MAURIENNE, 1908, S. II, T. IV, 2e Liv., p. 54-65
Catégories : BAS MOYEN AGE (XIV-XVe) ; COLLEGIALE ; EGLISE ; SEIGNEURIE ; VIE INTELLECTUELLE ; XVIe ; XVIIe ; XVIIIe
1908, S. II, T. IV, 2e Liv., p. 54-65. - Cote (issue de la migration Alexandrie) : PER762-13
• 4B 296 B 1678 Clergé et activités charitables Clergé régulier : Bénédictins. Prieuré de Chamoux
• Document: Histoire du décanat de la Rochette (Décanat de Val-Penouse). Les moines de la Novalèse et le Moûtiers de la Trinité (726-1035). Cluny et la Rochette. Les prieurés d'Aiguebelle, Chamoux, Villard-Sallet, la Croix, Coise, Sainte-Hélène-du-Lac, Arbin, Montmél
Auteur : Félix BERNARD Editeur : Chambéry : IMPRIMERIES REUNIES DE CHAMBERY Année de publication : 1931
Archives départementales Savoie BH1316 Ouvrage Bibliothèque historique Disponible Archives départementales Savoie US 30
• article Les paroisses du Duché de Savoie en 1710 (d'Aiguebelette à Chamoux). : 1999
in Revue : A.R.E.D.E.S. Assoc. recherche et entraide dans les fonds document. savoyards, 1999, N° 3, page 20
Catégories : METHODOLOGIE Cote (issue de la migration Alexandrie) : PER1005 Localisation : Archives départementales Savoie
ouvrage Quinze siècles de présence bénédictine en Savoie et dans les pays de l'Ain.
Auteurs : Louis TRENARD ; Marius HUDRY ; Etienne GOUTAGNY ; Romain CLAIR ; Yves BRU ; Lucien PONCET ; Jacques LOVIE ; Joannès CHETAIL ; Jean-Pierre DUBOURGEAT ; Jean-Pierre LEQUAT ; André PERRET ; Pierre-Roger GAUSSIN ; Jacques DUBOIS
Editeur : Genève (Suisse) : SLATKINE Année de publication : 1983
Cote (issue de la migration Alexandrie) : ADS.BH2161/PER241-2/BDCHY.GB58.5/ADHS.P 722 72227
Localisation : Archives départementales Savoie/Archives départementales Haute-Savoie/Bibliothèque diocésaine de Chambéry
• brochure Origine et influence des monastères et prieurés de la Savoie.
Auteurs : François TREPIER Editeur : Chambéry : PUTHOD, LIBRAIRIE 1866 36 p.
Catégories : HISTOIRE RELIGIEUSE ; MONASTERES ; PRIEURE
Cote (issue de la migration Alexandrie) : ADS.BC 501/BDCHY.GB59.5DIV
http://sabaudia.bibli.fr/opac/index.php?lvl=notice_display&id=23892
Archives départementales Savoie BC 501 Brochure Section Brochures Disponible
Bibliothèque diocésaine de Chambéry GB59.5DIV Brochure Section Brochures Disponible
• ouvrage Notes d'histoire paroissiale. (dont Chamoux ) 1924
Catégories : HISTOIRE RELIGIEUSE ; PAROISSES [Recueil factice de pages extraites de bulletins paroissiaux].5 "volumes".
Cote (issue de la migration Alexandrie) : ADS.BH1605
Archives départementales Savoie BH1605 Bibliothèque historique Disponible
ouvrage Abbayes et prieurés de l'ancienne France. Recueil historique des archevêchés, évêchés, abbayes et prieurés de France. Province ecclésiastique de Vienne
Auteurs : J.-M. BESSE ; Gaston LETONNELIER ; J. de FONT-REAULX ; René AVEZOU ; Gabriel PEROUSE Editeur : PICARD, LIBRAIRIE Paris1932
Collection : "Archives de la France monastique". Volume 36. Tome 9 : 269 p.
Catégories : ABBAYES ; DIOCESE VIENNE ; EVECHE ; PRIEURE ; RECUEIL
Cote (issue de la migration Alexandrie) : ADS.BH688 Localisation : Archives départementales Savoie
• brochure Origine et influence des monastères et prieurés de la Savoie.
Auteurs: François TREPIER Editeur : Chambéry : PUTHOD, LIBRAIRIE 36 p. (CHAMBERY, 1866).
Catégories : HISTOIRE RELIGIEUSE ; MONASTERES ; PRIEURE
Cote (issue de la migration Alexandrie) : ADS.BC 501/BDCHY.GB59.5DIV Archives dép. Savoie/Bibliothèque diocésaine de Chambéry
• article Les prieurés clunisiens en Savoie du XIIIe au XVe siècles
in Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie > Vol. 88 (1983) Présentation : illustré
Auteur: Romain CLAIR Extrait de la revue n°88 Mémoires et Documents de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, 1983 : Mosaïques d'Histoire en Savoie. Suivi d'une bibliographie.
Catégories : BOURGET-DU-LAC (LE) (SAVOIE) ; CLUNISIENS (ORDRE DA) ; CLUNY ; HISTOIRE RELIGIEUSE ; MOINE CLUNISIEN ; PRIEURE
Cote (issue de la migration Alexandrie) : ADS.PER750-58/ADHS.P 4 Archives dép.Savoie/Archives départementales Haute-Savoie
• ouvrage Quinze siècles de présence bénédictine en Savoie et dans les pays de l'Ain. /
Auteurs : Louis TRENARD ; Marius HUDRY ; Etienne GOUTAGNY ; Romain CLAIR ; Yves BRU ; Lucien PONCET ; Jacques LOVIE ; Joannès CHETAIL ; Jean-Pierre DUBOURGEAT ; Jean-Pierre LEQUAT ; André PERRET ; Pierre-Roger GAUSSIN ; Jacques DUBOIS
Editeur : Genève (Suisse) : SLATKINE 1983 - 236 p.- Illustrations
Catégories : BENEDICTINS (ORDRE DES) ; BERNARDINES (ORDRE DES) ; HISTOIRE RELIGIEUSE ; PRIEURE ; SAINT-BENOIT (ORDRE DE)
Note de contenu : Centre d'Etudes franco-italien, Cahiers de Civilisation alpine 3. Sous la direction de Louis Trénard.
Cote (issue de la migration Alexandrie) : ADS.BH2161/PER241-2/BDCHY.GB58.5/ADHS.P 722 72227 ADS / ADHS /Biblioth diocésaine de Chambéry
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• TITRE : Judicature mage de Savoie.
Lieu du délit : Chamoux-sur-Gelon. / canton Type de délit : recouvrement de créances.
Résumé de l'affaire : 3 pièces isolées d'une procédure concernant le prieuré de Chamoux. liste des prieurs titulaires de Chamoux en 1765. Nom (demandeur) : PRIEURE DE CHAMOUX. Nom (défendeur) : GAILLARD Anne Marie, époux(se) de feu sieur GLAPIGNY Claude François. Dates extêmes : 1765 - ... Cote : 2B 12644 Producteur : Sénat de Savoie
Procédures criminelles et civiles, appels et directes. Accès aux Dossiers correspondants Dates extrêmes : 1424 - 1792
Cotes extrêmes : 2B10001-14000 Producteur : Sénat de Savoie
• TITRE : Clergé régulier : Bénédictins. Prieuré de Chamoux. (Ancienne cote B1678.)
Cote : 4B 296 Producteur : Sénat de Savoie Communicabilité : Com Accès au Fond d'Archives correspondant
Clergé et oeuvres charitables : clergé séculier (69 articles, XVe-XVIIIe s.) ; clergé régulier (62 articles, 1453-XVIIIe s.) ; confréries (8 articles, XVIe-XVIIIe s.) ; hôpitaux (15 articles) ; oeuvres pies, écoles (32 articles). Archives saisies ou recueillies par le Sénat.
Dates extrêmes : 1400 – 1793 Cotes extrêmes : 4B219-412 Producteur : Sénat de Savoie Accès aux Dossiers correspondants
• Trésor des Chartes SA 42 Chamousset, Chamoux, Charmet (11 pièces parchemin, 9 cahiers et 71 pièces papier.1292-1716)
- Quittance donnée à la suite de l'acquisition faite par le premier président de la Chambre des Comptes et ministre d'État, Pierre Mellarède, de la seigneurie de Chamoux avec les quatre paroisses en dépendant : Chamoux, Montendry, Montgilbert et Bettonet, (1716).
• Trésor des Chartes S A 158. Province de Maurienne : Titres de la Maison de La Chambre (suite). (2 cahiers et 25 pièces papier.)
- Quittance passee par Emmanuel- Philibert-Amédée de Savoie, prince de Carignan, qui reconnaît avoir reçu de Charles-Emmanuel, comte Cagnolo, et de Philibert Chapel, seigneur de Rochefort, la somme de 95 000 livres pour le prix de la vente du marquisat de La Chambre avec ses cinq paroisses et de la seigneurie de Chamoux, groupant quatre paroisses (1688). 1614 - 1688
• Trésor des chartes des ducs de Savoie (pièces restituées du fonds des Archives de Cour Archivio di Stato di Torino) Cote : FR.AD073.SA 1-259 Inventaire (édition et nouvelle présentation du 2 septembre 2005)
IR 101a ARCHIVES ECCLESIASTIQUES FONDS DES ABBAYES
(Conservé à Annecy à l’exception des documents relatifs aux abbayes de Tamié et de Saint-Rambert qui sont conservés à Chambéry sous la cote SA 206).
• S A 206. Abbayes de Tamié (Ordre de Cîteaux) et de Saint- Rambert 1 (Ordre de Saint-Benoît).
SAINT-RAMBERT. Donation du chateau de Cornillon par RBnier, abbé de Saint-Rambert, a Thomas, comte de Savoie, acte assorti de conventions pour le respect desquelles le châtelain, représentant le comte, devra prêter serment à chaque changement d’abbé ou de comte (1196, copie authentique), copie des confirmations successivement faites de cet acte par Edouard, comte de Savoie, Amédée VIII puis Charles Ier, ducs de Savoie, et par Philippe de Savoie, comte de Bâgé, seigneur de Bresse, lieutenant gémira1 de Savoie (1329-1492).
Engagement pris par Pierre, abbé de Saint- Rambert de- Joux, d’être il déjusseur à la place d’Amédée IV, comte de Savoie, marquis en Italie, qui s’était porte caution pour Humbert de Seyssel, débiteur du prieuré d’Yenne pour la somme de 50 livres sterling (1251).
Transaction conclue entre Philippe, comte de Savoie et de Bourgogne, et l’abbé de Saint- Rambert, à propos des différends qui s’étaient élevés entre eux au sujet de la juridiction du mandement de Saint- Rambert et de l’application des conventions de 1196 (1275).
-Confirmation des mêmes conventions par Amédée V, comte de Savoie, et Pierre, abbé de Saint- Rambert (1285).
Nomination d’un économe du temporel de l’abbaye de Saint- Rambert après le décès de I’ abbé Jean de Vignon, témoignages au sujet du temporel, état des bâtiments et des revenus, inventaire de meubles et des archives de l’abbaye (1638). 1132 (copie) - 1832
3 pièces parch., r3e g.,7 cahiers et 65 pièces papier, 5 sceaux, dont 2 brisés.
1.. Les documents relatifs à l’abbaye de Saint- Rambert-de-Joux (Saint-Rambert-en-Bugey), précédemment classés dans le fonds des Bénéfices, ont éte reclassés dans celui des Abbayes. L’article SA 206 est conservé à Chambéry
• I.R. 210 SERIE B COURS ET JURIDICTIONS AVANT 1793 Sous-séries 1B et 2B
Index des noms de personnes, de lieux et de matières contenues dans les registres des Edits Bulles du PARLEMENT DE CHAMBERY (1536-1559) et du SENAT DE SAVOIE (1559-1793)
Transcrits dans les IR 201 (Parlement) IR 203, 204, 205, 206, 207, 208 et 209 (Sénat) Par Gabriel PEROUSE • Index
IR 210-1 CHAMOUX, 30, 161, 592, 600, 757
prieuré, collégiale, 577, 671
(saint) Rambert, 403, 594, 634, 677, 740, 742, 745, 757, 761
• Trésor des chartes des ducs de Savoie (pièces restituées du fonds des Archives de Cour Archivio di Stato di Torino) Cote : FR.AD073.SA 1-259 aux AD Savoie : 2 B - Archives propres du Sénat IR 202 2B
2B 8319 B 5271 . Extraits des registres paroissiaux de Chamoux, La Compôte (1679-1685), Lucey (1732), Montendry (1682-1683), Vallières (1686-1687)
• Archives départementales de l'Ain http://www.archives-numerisees.ain.fr/archives/
ABBAYE DE SAINT-RAMBERT, fondée dans le Ve siècle. FRAD01_abbaye_de_saint_rambert
H 1 Privilèges. Juridiction. Droits seigneuriaux . 1096-1785
(Liasse) -13 pièces, parchemin ; 10 pièces, papier.
- Traduction française, dressée au XVIIe siècle, d’une bulle du pape Célestin III, datée de Rome, dans la prison Tullienne, 5 août, indiction 9e, l’an 1191, dans laquelle bulle sont confirmés tous les privilèges de l’abbaye et cités tous les lieux de sa juridiction, qui sont : le bourg de Saint-Rambert, l’église de Chamoux, l’église Saint-Michel de Montendry, l’église Saint-Pierre de Villarléger, I’église de Villarsalé, l’église Saint-Julien de Montmajeur, l’église Sainte Marie de Granière, l’église Saint-Pierre de Sanciac, l’église Saint-Pierre d’Apremont, l’église de Saint Bardeau, l’église de Musiac, l’église Sainte-Marie de Lucs, l’église Sainte-Marie de la Porte, l’église de L’Huis, l’église de Saint-Didier, l’église de Campanieu, l’église de Saint-Pierre de Bénonces, l’église Saint-André de Tenay, l’église Saint-Maurice d’Argis, l’église Saint-Martin d’Evosges, l’église Saint-Laurent d’Oncieu, I’église Saint-Pierre d’Arandas, I’église Saint-Michel de la Roche, I’église Saint-Maurice de Conzieu, I’église Saint-Hilaire de Torcieu, l’église Saint-Martin de Cleyzieu, l’église Saint-Martin de Vaux, l’église Saint-Maurice d’Ambutrix, l’église Saint-Maurice de Mergie, l’église Saint-André de Reigneux, l’église Saint-Pierre de Villieu, l’église Sainte-Marie l’hospitalière, la chapelle Sainte-Marie-Madeleine de Loyes, l’église du bourg Saint-Christophe, l’église Saint-Vincent de Faramans, l’église de Saint-Martin de Songieu. A la suite de la traduction de cette bulle se trouve la traduction d’une autre bulle du pape Paul V, donnée à Rome l’an 153S, le 10 des calendes de janvier, qui est une nouvelle confirmation des privilèges et de la juridiction de l abbaye de Saint-Rambert.
• H 15 Offices claustraux . 1341-1780
- (…)Echange entre l’abbé Georges Maréchal et les religieux. L’abbé cède la dîme d’Evosges, tandis que les moines cèdent à l’abbé le tiers de la dîme de Lhuis et de Bénonces ainsi que les 28 florins que l’abbé leur devait à cause du prieuré de Chamoux et du doyenné de Rignieux-le-Franc, 15 janvier 1504.
• H 19 Dîmes . 1641-1773
(Liasse) - 6 pièces, parchemin ; 38 pièces, papier. + 3
- Sentence du juge ordinaire de l’abbaye, du 19 avril 1641, qui condamne l’économe et fermier général des revenus de la dite abbaye à rétablir la grande fontaine qui donne l’eau au monastère, tant pour les besoins de la communauté que pour obvier à un incendie.
Cluny
• Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny. (6 tomes) (sur Gallica)
Hélas, seul le 1er Livre est proposé en mode image et en mode texte, avec recherche plein texte disponible (mais rien ne concerne Chamoux dans le 1er livre !). Il y en a 5 autres, 6 à 900 pages chacun, documents bien lisibles (souvent en bas latin) – mais en mode image seulement ! SI le Prieuré a bien été fondé en 1095 (sources ???), un acte pourrait se trouver dans le Tome V (1091-1219)
(vu -en vain - : 1091 (p.1) à 1110 (p.290) ->puis à partir de la page730 (1198) jusqu’à la fin (p.841)
Mais n’oublions pas que « en 910, l'abbaye, relevait de la juridiction de Lyon. Elle est soumise à celle de Cluny en 1138, par le pape Innocent II, mais la bulle n'eut probablement pas d'effet, car, depuis cette époque jusqu'à sa sécularisation, l’abbaye fut toujours considérée comme relevant directement du Saint-Siège. »
Il y aurait aussi :
Le Cartulaire de Maurienne
(Un exemplaire en assez bon état du célèbre Cartulaire de Maurienne vient de se vendre. L'ouvrage, recueil de chartes du diocèse de Maurienne entre 887 et 1642, publié en 1861 par Monseigneur Alexis BILLIET dans les travaux de lAcadémie Impériale de Savoie, est devenu assez rare.)
"Les permanences à la Bibliothèque diécésaine sont assurées par les archivistes, chaque mercredi après-midi de l'année, à partir de 14h30, à la maison diocésaine de Maurienne, 47 rue Bonrieux à Saint Jean de Maurienne. Vous pouvez y venir chaque mercredi après-midi, librement sans rendez-vous.
Les étudiants en histoire, les chercheurs et les personnes préparant des publications qui nécessitent un long travail sur place, il est possible de prendre rendez-vous en dehors de ces horaires. Contact : 04.79.64.05.90 ou evechedemaurienne@wanadoo.fr
Vous serez les bienvenus dans la salle de lecture et de consultation, fonctionnelle et proche des ouvrages."
sur http://www.culture.fr/
Titre : Rapport de restauration ; Complément de dossier : 1 rapport photographique
Titre : Découverte de deux statues dans l'Eglise
Affichage localisation : France ; Rhône-Alpes ; Savoie ; Chamoux-sur-Gelon
Lieu de conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Charenton-le-Pont)
oct 2012 - A.Dh.