1716 Chap. St Blaise

Version imprimableVersion imprimable

1716-1724  : Pierre de Mellarède et ses droits de patronage sur la chapelle St-Blaise et St-Eustache de Chamoux

C'est un long feuilleton qui commence en 1716!
Ministre d'Etat, 1er Secrétaire d’État, Pierre de Mellarède, natif de Montmélian, a fait une belle carrière auprès du Roi de Sardaigne ; puis il a acheté le fief du Bettonnet. Et quelques droits annexes, venus des Jordane (qui avaient fondé longtemps auparavant plusieurs chapelles à Chamoux et Villardizier).

Mais, lorsque le comte veut nommer le recteur de la chapelle St-Blaise et St-Eustache, il se heurte à l'évêque, qui revendique ce droit. Il lui faudra rassembler les documents qui confortent ses prétentions.

Mais en 1724, alors qu'il a enfin eu gain de cause... il essaie se déménager les droits sur la chapelle St Blaise et St Eustache de Chamoux au Bettonnet où il a patronne déjà une autre chapelle !

Voici les pièces conservées aux Archives départementales de Savoie, qui témoignent d'un long bras de fer... et de l'utilité de bien toujours garder ses papiers en ordre.

dossier "chapelle St Blaise St-Eustache sous le clocher de Chamoux"

Institution en la chapelle de St-Blaise & St-Eustache à Chamoux, à la nomination du Comte Mellarède

* * * * * * *

1ère pièce

Extrait de requêtes, ordonnances en faveur de S.E.  le Seigneur Premier Président Mellarède
concernant le droit de patronage de la chapelle de Saint-Blaise et Saint-Eustache

Le 22 décembre 1716
Extrait des registres du Promoteur de l’officialité de Maurienne
Monsieur le Vicaire général de l’Évêché de Maurienne
Supplie humblement Rd Humbert Gaudé, curé de la paroisse de Bourgneuf
Disant avoir été nommé par Son Excellence Monsieur Mellarède,  Premier Président de la Chambre des Comptes de Turin, et Ministre d’État de Sa Majesté pour moderne Recteur de la chapelle de Saint Blaise et de Saint-Eustache érigée dans l’église paroissiale de Chamoux à présent vacante par le décès de feu noble révérend Guillaume de Chamousset, en sont vivants [Prieur] d’Aiguebelle et dernier Recteur de ladite chapelle, de laquelle nomination il conste par acte fait à Turin le 16 avril avril de l’année dernière reçu par Me [Trugny] notaire, dûment légalisé, et comme le droit de patronage appartient à présent à ladite Excellence Monsieur le premier Président Mellarède ensuite de l’acquis  par lui fait de la maison forte de Jordane, signé au lieu du Betonnet et du fief en dépendant par indivis aux Messres les enfants et héritiers de feu Monsieur le premier Président de Savoie, Bertrand de Chamousset, qui avait nommé ledit seigneur Benoît son frère, qui a été institué de ladite chapelle est en a joui jusqu’à sa mort ; et que par conséquent à présent il appartient audit Seigneur Président Mellarède de nommer à ladite chapelle par droit [d’alternative] ce qui donne le lieu au révérend suppliant de recourir en vous exhibant l’acte sus désigné de nomination et vu l’extrait de la dernière visite faite par le Révérend Seigneur Évêque [d’ap] en l’année 1698 de ladite chapelle.

À ce qu’il vous plaise, monsieur, accorder au révérend suppliant toutes [institutions] en tel cas requises de ladite chapelle, émettre de la nomination sus faite quand la faveur, eu égard au droit incontestable dudit Seigneur premier Président Mellarède,  émettre de l’acquisition par lui faite de ladite maison et fief de Jordane dont ledit patronage dépend,
C’est sur ce, plaise pouvoir

Teneur de décret
Soit montré au Révérend Promoteur de l’Évêché
Fait à Saint-Jean-de-Maurienne
Signé J.B. [Balbis],  vicaire général

Teneur de conclusions
Le soussigné ayant vu l’acte de nomination désigné en la requête du 16 avril dernier, dit que ladite nomination ne peut avoir son effet, du moins quant à présent, qu’il ne conste auparavant de l’acquisition que l’on dit avoir été faite par Son Excellence le Seigneur premier Président Mellarède, de la maison forte et fief de Jordane, et que le patronage de la chapelle en question en dépend, d’autant plus qu’il conste par les registres des institutions que feu noble Révérend Guillaume Bertrand de Chamousset dernier recteur de ladite chapelle a été institué de plein droit par le Révérendissime Seigneur  Évêque, indépendamment d’aucune nomination.
Fait à Saint-Jean, l’an et le jour susdits.  Signé Me Didier,  chanoine Promoteur

Extrait des Registres des dictons du Greffe de l’officialité de Maurienne
Vu par nous vicaire général et official soussigné, l’acte de nomination désigné par la requête sus … , disons que ladite nomination peut avoir son effet du moins quant à présent, attendu qu’il ne conste nullement que le Seigneur de Mellarède, premier Président de la Chambre des Comptes de Turin soit en droit, ni en possession de nommer à ladite chapelle ; et qu’il conste au contraire que la dernière vacance, ladite Chapelle a été pourvue de plein droit par Notre Illustrissime Prélat ; mandons néanmoins à  [notre] [gré] d’expédier toutes institutions, titre, en faveur dudit Révérend suppliant sans approbation de ladite nomination. Et c’est par manière de provision jusqu’à ce que l’on fasse conste du droit de patronage que l’on dit appartenir à ladite Excellence, sans préjudice d’icelui.
Fait à Saint-Jean de Maurienne 14 novembre 1715 (?)
Signé sur le registre
J.B. Balbis Vicaire général et official

Prononcé au Révérend Promoteur dans son étude le même jour, qui a acquiescé.
Signé B… greffier

Par extrait  après ouï [… …]
Roche

Extrait des registres du Greffe de l’Officialité de Maurienne
À Monsieur le vicaire général et official de l’Évêché de Maurienne,

Supplie humblement Rd Humbert Gaudé Curé de la paroisse de Borneuf (sic),
Disant qu’ensuite de la nomination faite en sa faveur de la Chapelle de Saint Blaise et de Saint-Eustache érigée dans l’église paroissiale de Chamoux, vacante pour lors, par le décès de feu noble et Révérend Guillaume Bertrand de Chamousset, dernier Recteur d’icelle, par son Excellence Seigneur Mellarède, premier Président de la Chambre des Comptes  de Piémont et ministre d’État de S.M., ainsi que par acte fait à Turin le 16 avril 1775, le Révérend suppliant se serait pourvu par [requête] à vous présentée 12 du mois de novembre de ladite l’année proche passée [lettres] d’institution en tel cas  requises ; mais comme pour lors il n’aurait pu avoir les titres pour faire conster du droit de patronage dudit Seigneur son  nominateur, vous ne lui auriez accordé qu’une institution par provision afin que le service de ladite chapelle ne restât pas en arrière, et sans avoir approuvé ni admis ladite nomination jusqu’à ce que l’on fît conster que le droit de patronage de ladite chapelle appartenait  audit Seigneur président ; et maintenant que ledit Révérend suppliant a reçu des titres suffisants pour en faire conster, il vous les exhibe.
Savoir : trois articles extraits des actes de visite faite en ladite église de Chamoux trois différents Évêques de Maurienne.
Le premier en date du 24 mai 1493 ; le second du 10 juin 1532 ; et le troisième du 14 septembre [1509], par lesquels actes il se voit que ladite chapelle était du patronage de la famille de noble de Jordan et de noble [DelaCerouse]. De plus un arbre généalogique des descendants et successeurs de feu noble Antoine De Jordane avec un factum ensuite, sont marquées les pièces justificatives de ladite descendance, et qu’une partie des biens rentes feudales dudit noble De Jordane était parvenue en dernier lieu à la Dame Françoise [Dertiez], femme de noble Jean-François [Decoysius] seigneur de Vermond, laquelle Dame les a vendus avec tous les droits honorifiques et autres en dépendant audit Seigneur Président Mellarède, ainsi que par contrat du sept juillet  1695 reçu et signé par Me Michel notaire.  Et que l’autre portion desdits biens et rentes feudales sont parvenus en dernier lieu à la Demoiselle Anne Marie fille de feu Noble Balthazard Clément de la Charné, qui les a vendus à Me Claude Tardy notaire Royal du Bettonnet par contrat du 7 juin 1699, signé par extrait par Me Blanc notaire, lequel Me Tardy les a vendus ensuite à feu spectable Jacques Joseph Lozat, Avocat au Sénat, tant pour lui que pour son Ami à élire ainsi que par contrat du 3 février 1712 reçu et signé par le même notaire et ledit sieur avocat Lozat aurait [élu] le même jour dudit contrat ledit Seigneur premier Président, ce qu’il aurait confirmé ensuite par acte du 15 juillet de la même année reçu par ledit même Blanc notaire ; l’on ne peut pas mettre en doute que les contrats sus désignés de vente faite en faveur de sa dite Excellence n’aient eu leur effet puisse que le Seigneur premier Président Mellarède, et paisible possesseur de la maison forte De Jordane située au lieu du Bettonnet, aussi bien de la rente feudale et autres biens qui en dépendent.
De sorte que le Révérend suppliant afin que le droit de patronage ledit Seigneur premier Président a acquis sur ladite chapelle soit reconnu et qu’il ne souffre aucune atteinte par les dites [laudes] d’institution à lui accordées comme sur été dit quand l’année dernière Il [ressort].
À ce qu’il vous plaise, Monsieur, eu égard que par les pièces et possessions sus  énoncées, il est pleinement justifié que ledit droit de patronage appartient  au moins par moitié audit Seigneur premier Président Mellarède de vouloir en réparant tout ce qui lui pouvait être préjudiciable, [et] dites lettres provisionnelles  d’institution, approuver, insinuer et homologuer ledit acte de domination fait par le Seigneur premier Président en faveur du Révérend suppliant le 16 avril de l’année dernière, et ordonner que le dit acte sortira son plein et entier effet suivant sa forme et teneur,  et mander en conséquence à votre greffier d’expédier au besoin audit Révérend suppliant nouvelles [laudes] d’institution sur ladite nomination, et en exécution d’icelle  ni autrement pouvoir ainsi que de raison.
Signé sur le registre Filliol Pr.

Teneur d’arrêt
Soir montré au révérend Promoteur et Procureur fiscal de l’évêché
Fait à St-Jean ce [10] décembre 1716
Signé J.B. Balbis vicaire général et official

Teneur de conclusions
Le soussigné ayant eu en communication les pièces désignées en la requête sus écrite, et étant informé d’ailleurs que le Seigneur Mellarède premier Président de la Chambre des Comptes de Piémont et paisible processeur de la maison forte de Jordane située au Bettonnet et des biens et rentes qui en dépendent, dit qu’il est suffisamment justifié que ledit premier Président Mellarède a succédé comme légitime acquéreur de ladite maison forte et rente feudale de Jordane au droit de nomination que les descendants de feu noble Antoine de Jordane avaient sur la chapelle en question située  dans l’église de Chamoux sous le vocable de Saint-Blaise et de Saint-Eustache.  Et par conséquent il n’empêche l’entérinement des fins de la requête, à la charge que le tout sera enregistré au Greffe de l’officialité pour y avoir recours au besoin.
À St-Jean ce 12 décembre 1716
Signé M.  Didier chanoine Promoteur

Extrait des registres des dictons du Greffe de l’officialité de Maurienne
Vu par nous, Jean-Baptiste Balbis, [prêtre] Docteur en droit, chanoine de l’église cathédrale de Maurienne, Vicaire général et official de l’Évêché et et diocèse de Maurienne la requête présentée par Rd Humbert Gaudéon signée Filliol…  tendante aux fins de faire reconnaître le droit de patronage que le Seigneur Comte de Mellarède premier Président de la Chambre des Comptes de Piémont, Ministre d’État de S.M., a  acquis sur la chapelle dont il s’agit de saint-Blaise et de Saint Eustache et de faire approuver et homologuer l’acte de nomination par sa dite Excellence a fait en faveur du Révérend suppliant le 16 du mois d’avril 1715, n.  de décret mis au bas de ladite requête le 10 de ce mois de décembre ; les conclusions ensuite du Révérend Promoteur et Procureur fiscal du 12 6 de ce même mois, signés Révérend Didier chanoine commentaire ; autre requête à nous  présentée par le même Révérend Curé le 12 novembre 1715 afin d’être institué Recteur de ladite chapelle ; les conclusions dudit Rd Promoteur dudit jour et an ; notre ordonnance provisionnelle du 14 du mois de novembre, laudes d’institution accordées par provision audit Révérend suppliant le même jour et an ; vu aussi les pièces mentionnées et désignées par ladite requête à nous présentées le 10 du courant. Et le tout bien considéré,
NOUS en en rendant droit définitivement sur les fins et conclusions prise par cette même requête, eu égard au consentement prêté par ledit Rd Promoteur réparant notre dite ordonnance du 14 dudit mois de novembre quant à ce, nous avons dit et déclaré qu’il est suffisamment justifié que le droit de patronage de ladite chapelle appartient par moitié audit Seigneur premier Président et Comte de Mellarède comme légitime requéreur et possesseur de la maison forte  et  rentes feudales de Jordane ; et  avons en conséquence insinué, approuvé et  homologué l’acte de nomination fait par sa dite  Excellence en faveur du Révérend suppliant le 16 avril 1715, reçu et signé par Me [blanc] notaire ; dit et ordonné par ledit acte sortira son plein et entier effet suivant sa forme et teneur,  et que au besoin, nouvelles laudes  d’institution seront accordées et expédiées par notre greffier audit Rd suppliant à sa première requête sur ladite nomination ; et en conséquence d’icelle, avons mandé en outre à  […] d’enregistrer les susdits  requêtes, décrets et conclusions  avec Notre présente ordonnance, pour y avoir recours au besoin.
Signé sur le registre J.B. Balbis,  vicaire général et official

Prononcé au Rd Promoteur dans son étude le 22 du courant mois de décembre, qui a acquiescé.
Roche greffier

* * * * * * * * * * * * * * * *

2ème pièce (la fin de cette copie de la  visite manque : à rapprocher de la VP de 1717)

Acte de visite de Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissime de Masin, évêque de Maurienne et Prince à la paroisse de Chamoux le 26 juin 1717

Nous, François Hyacinthe de Valpergue de Masin, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique Évêque de Maurienne et Prince, certifions à tous qu’il appartiendra que nous nous serions transporté le jour d’hier vingt-sixième juin 1717 dès la cité de Saint-Jean-de-Maurienne jusqu’à la présente paroisse de Chamoux accompagné de notre révérend Vicaire général et de deux autres ecclésiastiques aussi bien que de notre Secrétaire soussigné, et d’une partie de nos domestiques pour y faire notre seconde visite pastorale ; ou étant arrivés sur les neuf heures du matin, nous serions allé en droiture pour entendre le sermon qu’un des Révérends Curés de notre Diocèse qui font actuellement la mission, allait commencer ; et ensuite après avoir entendu la messe nous nous serions retiré dans le logement qui nous a avait était préparé.
L’après dîner sur les trois heures de relevé, Révérend Hyacinthe Didier moderne curé du présent lieu revêtu de surplis et chappe, Révérend Jean-Baptiste Didier son frère chanoine dans la collégiale de Sainte-Anne, les Révérend Curé de Bourgneuf, préfet de la mission et les Révérend Curés de La Table, de La Chavanne,  de Champlaurent, et de Bonvillard, missionnaires susdits, et autres ecclésiastique du voisinage, tous revêtus de surplis avec les Consœurs et Confrères des dévote confréries du Saint-Sacrement et du Rosaire s’étant assemblés avec quantité d’autres paroissiens auprès d’une chapelle dressée à cet effet dans la rue où nous étions logés, pour nous y recevoir, nous nous serions transporté, accompagné comme dessus, et ayant pris nos habits pontificaux, on nous aurait conduits processionnellement dans l’église paroissiale dudit lieu ; après les cérémonies et prières et processions pour les défunts marqués par le pontifical, nous aurions procédé à notre visite pastorale de ladite église et de tout ce que nous avons cru devoir visiter et nous aurions donné la bénédiction du très Saint Sacrement au peuple et administré ensuite le Sacrement de Confirmation après avoir fait faire le catéchisme par ledit Révérend Curé en notre présence.
Elle est sous le vocable de Saint Martin Évêque, construite dans la même place où était l’ancienne ; mais on y a depuis quelques années fait la grande porte où était le cœur de la première, de sorte que ladite porte se trouvant vis-à-vis de la rue, il est arrivé que dans des temps d’inondation l’eau qui descendait en abondance par ladite rue est entrée dans cette église jusqu’à la hauteur de deux ou trois pieds.
Les voûtes et murailles de ladite église sont blanchies en dedans, mais il y a encore beaucoup de trous à boucher.
Ladite église n’est pas encore consacrée, le maître-autel de ladite église est un peu trop bas, il n’est garni que d’une espèce de retable fait à l’antique, avec des statues.
Il n’y a qu’un petit tabernacle vieux et caduc qui n’est point  tapissé en dedans ; nous y avons trouvé un soleil et une pixide d’argent qui n’ont point de croix au-dessus ; le soleil a un verre cassé et le bord de la coupe de ladite pyxide a deux petites fentes qui la rendent mal aisée à  fermer ; il y a une pierre sacrée portative.
Dans l’un des deux enfoncements qui font la croisée de l’église, et à côté de l’Épître, il y a l’autel de Notre-Dame du Rosaire qui est suffisamment garni et décoré d’un petit retable décent.
Suivant de notre première visite il y a une petite chapelle érigée audit autel à l’honneur de Saint-Antoine qui est de la libre collation de notre Manse épiscopale,  dont Révérend Jean-François Rey,  curé de Bonvillaret est le moderne recteur, ensuite des provisions qu’il en a obtenu de nous de plein droit.
Il n’y a pas d’autre autel dans ladite église, quoiqu’il y en devrait avoir des autres suivant le nombre des chapelles qui étaient fondées dans l’ancienne église et autour d’icelle, comme l’autel de St-Jean Baptiste qui était érigé dans ladite église quoiqu’il fût uni à la chapelle et de Saint-Jacques et de Saint Philippe, située au village de Villardizier.  La chapelle de Saint-Sébastien et de Saint Roch étant autrefois érigée sur le cimetière.
La chapelle de Saint-Blaise et de Saint-Eustache qui était érigée sous le clocher et une ancienne chapelle de Sainte-Marguerite, lesquelles chapelles n’ont aucun autel particulier et dépendent de notre libre collation, hors de celle de Saint-Blaise et de Saint-Eustache dont son Excellence le Seigneur Comte de Mellarède, premier ministre et Secrétaire d’État de S.M., a la moitié du patronage en qualité d’acquéreur du successeur particulier de la maison forte de Jordane et de la Charnée, et des fiefs en dépendant.
Il y a deux confréries érigées dans ladite église, la première à l’honneur du Saint-Sacrement, et l’autre de Notre-Dame du Rosaire.  Les confrères de la première font l’office marqué dans leurs livres avec une procession autour de l’église tous les troisièmes dimanches et fêtes principales de l’année ; et les consœurs de la seconde ne font faire qu’une procession autour de l’église au premier dimanche de chaque mois ; on n’a trouvé aucun papier pour faire conster de l’érection canonique desdites confréries, et on ne crois pas qu’il y ait aucune rente ni charge.
Les Fonts baptismaux qui sont au fond de l’église ne sont couverts que d’un ais fort usé et malpropre, qui ne ferme point du tout.
La sacristie est en très pauvre état.

la suite de la copie manque (si elle a existé)
                  * * *
Je, François Rosas, notaire collégié et greffier de l’officialité du Diocèse de Maurienne certifie qu’à la réquisition de Rd Sieur Duvillard prêtre curé de la paroisse de d’Arvillard, j’ai expédié l’acte de visite ci-dessus que j’ai trouvé dans les archives de cette évêché (sic), étant icelle au folio premier du registre, et l’ayant trouvé conforme à l’original sur lequel je l’ai collationné, et muni du sceau de ladite évêché (sic), j’ai signé

* * * * * * * * * * * * * * * *

3ème pièce (parchemin, en latin.) En bref :
Institution pour Rd Humbert Gaudé curé de Bourgneuf `
au rectorat de la chapelle de Saint Blaise et St Eustache Martyrs. 1717
François Hyacinthe de Valperga  de Masin, évêque de Maurienne
Révérend Humbert Gaude de Montmelliant curé paroissial de Bourgneuf
chapelle de Saint Blaise et Saint Eustache sous le clocher de l’église de Chamoux
Érigée par feu noble et révérend Julien Bertrand (ou Bernard) de Chamousset
Etc

* * * * * * * * * * * * * * * *

4ème pièce
Mise en possession de la chapelle de Saint-Blaise en l’église de Chamoux
 en faveur du Révérend Sr Humbert Gaudé prêtre et curé de Bourgneuf


L’an 1718 et le 18 janvier a comparu par devant moi notaire royal soussigné Révérend Sr Humbert Gaudé, prêtre et curé de Bourgneuf, lequel m’a représenté ayant été nommé pour lecteur en la chapelle érigée sous les vocables de Saint-Blaise et Saint-Eustache, fondée sous le clocher de l’église de Chamoux par Son Excellence Messire Pierre de Mellarède Comte du Bettonnet, Ministre et premier Secrétaire d’État de S.M. ensuite de quoi il aurait obtenu l’institution de ladite chapelle à lui accordée par Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissime Évêque de Maurienne, ainsi que par patentes par lui signées et scellées au sceau de ladite évêché (sic) et contresignée Roche, scribe, en date du 18 novembre dernier, pourtant commission au premier élève, soit prêtre du diocèse, en l’assistance d’un notaire royal, de mettre en possession dudit bénéfice le susdit Sr Révérend Humbert Gaudé, lequel à ces fins a requis Révérend Sr Jacques Deglapigny,  prêtre et sacristain dudit Chamoux pour le mettre en ladite possession pour laquelle nous nous serions transportés tous trois avec les témoins en bas signé dans l’église dudit Chamoux où étant, et sous le clocher d’icelle, ledit Révérend Sr Jacques Deglapigny aurait fait embrasser l’autel de ladite chapelle par ledit Révérend Sr Humbert Gaudé, recteur d’icelle, avec diverses autres cérémonies qu’on est accoutumé de faire pour ces sortes de choses, pour marquer de vraie, réelle, actuelle, et corporelle possession de ladite Chapelle, avec tous les droits, honneurs et bénéfices qui en dépendent ; de tout quoi ledit Sr Révérend Gaudé m’a requis le présent acte pour marquer de ladite vraie, réelle, actuelle et corporelle possession de ladite chapelle que je lui ai accordée suivant ladite institution, audit lieu de Chamoux, et dans l’église dudit lieu, en la présence et assistance de Révérend Sr Jean-Baptiste Didier chanoine de la collégiale the Sainte-Anne de Chamoux et de Me Claude Vignon châtelain du Bettonnet et bourgeois de Montmélian, témoins à ce  requis.
Gaudé Curé requérant et acceptant    J.B.  Didier chanoine témoin    J. Deglapigny sacristain
    C. Vignon témoin    Berthollet témoin     Blanc notaire

* * * * * * * * * * * * * * * *

5ème pièce

27 janvier 1718
Mr Gaudé
Acte de nouveau institué dans le Rectorat de la Chapelle de Chamoux
Monseigneur,
Je dois, Monseigneur, faire connaître à votre … que Monseigneur notre Illustrissime prélat a eu la bonté de m’instituer de nouveau au Rectorat de notre chapelle de Chamoux qui est fondée sous le titre de Saint Blaise et de Saint-Eustache martyrs et de m’ envoyer ici mon institution en bonne forme et d’une manière forte obligeante et généreuse. Monsieur Blanc assisté de Monsieur Deglapigny sacristain de Chamoux m’en a mis en possession. Je dois, Monseigneur, à V.E.  tout ce qui est m’en revient d’honneur et de bienfait. Je lui en rends de très humbles actions de grâces et je la supplie de me continuer sa protection pendant que je continuerai à offrir à Dieu le saint sacrifice de la messe pour elle, pour Madame la Comtesse et pour son illustre famille.
C’est, monseigneur, un devoir de justice et de religion dont je m’acquitterai avec assiduité toute ma vie, heureux que je serai si je peux me rendre digne de l’honneur que je [désire  d’offrir] avec une reconnaissance de parfaite et une profonde vénération.

à Bourgneuf ce 27 janvier 1718
Monseigneur de V.E. le très humble et très obéissant serviteur,  Humbert Gaudé, Curé

* * * * * * * * * * * * * * * *

6ème pièce (en latin, transcription partielle)
18 novembre 1717
Institution de Humbert Gaudé
Recteur de la chapelle des Saints Blaise et Eustache en l’église de Chamoux
Patron : Comte de Mellarède de Bettonnet, ministre et 1er Secrétaire d’État de S.M.
Humbert Gaudé de Montmélian curé de la paroisse de Bourgneuf
Chapelle des Saints Blaise et Eustache sous le clocher de l’église de Chamoux
 Érigée par feu noble et Rd Guillaume Bertrand de Chamousset
Vacance du dernier recteur de cette chapelle et possesseur  pacifique
Nomination par le comte Pierre de Mellarède premier secrétaire et ministre de notre roi
Etc

* * * * * * * * * * * * * * * *

7ème pièce (un brouillon)

À Monseigneur l’Évêque de Maurienne
Le 15 mars 1724
Dès aussitôt que j’ai reçu la lettre que votre grandeur m’a fait l’honneur de m’écrire, j’ai eu celui de représenter à S.M. la belle attestation que vous avez donnée pour que Monsr Grassis peut (sic) obtenir de Sa Sainteté le canonicat vacant à votre Cathédrale par la mort de Monsr Dalbert.  Le Roi a fort agréé votre attention, et m’a dit que c’était le moyen d’animer les jeunes gens à étudier, espérant que par ce moyen de remplir le chapitre des sujets capables, celui dudit Sr Grassis étant en effet dans une réputation à l’Université qui lui attire l’applaudissement des professeurs, du Collège de Théologie, et de tous ceux qui y étudient. Il a entrepris la licence formelle qui exige deux examens de 2 heures chacun sur deux traités tirés au sort, et un second examen pour un traité à son choix ; et ensuite trois thèses publiques sur des matières différentes de celles sur lesquelles il a été examiné ; et la troisième sur les principales questions de Théologie, qu’il faut soutenir matin et après dîner ; à la fin de laquelle l’écolier et fait licencié formel et soutient ensuite une quatrième thèse pour être reçu docteur, et dès aussitôt déclaré docteur du Collège et mis dans le nombre desdits docteurs du Collège. Et Il n’y en a que trois qui aient entrepris ce grand ouvrage, savoir ledit Sr Grassis,  le Précepteur de mon fils, et un Prêtre que Monseigneur l’abbé Benerai [élève],  qui sont certainement les trois plus forts de l’Université.
Monsr Grassis a remis en ma présence à Monsr [Prengo] l’attestation de votre grandeur pour l’envoyer à son frère qui la retiendra jusqu'à l’élection du nouveau Pontife, puisque que vous aurez appris que le pape Innocent XIII est mort le 7 de ce mois d’une descente soudaine de boyaux, à laquelle il n’a survécu que près de 24 heures sans qu’il ait voulu remplir les 4 places vacantes dans le Sacré Collège des Cardinaux, quoi qu’il en ait eu le temps. J’écrirai aussi à Monseigneur le Comte Gubernatis pour qu’il s’intéresse pour monsr Grassis.
Votre grandeur vous permettra-t-elle que je lui propose d’unir la chapelle que j’ai à Chamoux sous le vocable des Saints  à celle que j’ai au Bettonet sous le vocable de Sainte-Catherine, laquelle j’espère que vous aurez trouvée en bon état.
Cette union me paraît d’autant plus facile que la chapelle de Saint Blaise et de Saint-Eustache qui était à l’entrée de l’église de Chamoux fut détruite lorsque que l’on bâtit l’église de Chamoux ; il y aurait par ce moyen de quoi entretenir un second prêtre au Bettonet, puisque la chapelle de Sainte Catherine a six journaux, et un quart de bonne terre qui rendent 11 vaisseaux de froment, et 6 fosserées de vigne ; et celle de Saint-Blaise a 12 fosserées de vigne et 7 seytorées et un quart de prés que j’ai obligé le sacristain de Glapigny de rendre à Monsr  Gaudé, que  votre vicaire général a institué à ma nomination ; et ce Révérend prêtre aiderait au Curé à tenir l’école.
Si cette union se peut faire comme je l’espère de la bonté de votre grandeur, je crois que cette paroisse en profiterait ; et  j’ai déjà pris soin de nommer à cet effet pour Recteur de la chapelle de Sainte-Catherine Mr Martin, neveu du bon curé du Bettonnet.
Je dois informer votre Grandeur que le maçon que j’envoyai l’année passée au  Bettonnet et que je renvoie cette année pour me faire une cave au Flechet m’a assuré qu’il ne voudrait pas se risquer à entendre la messe dans l’église de Chamoux dans les murailles et la voute s’ouvrent en différents endroits ; il serait bien désastreux qu’elle écrasât les habitants pendant l’office divin. C’est là le chef-d’œuvre du sacristain de Glapignyqui a voulu faire l’architecte, et faire la coupe du couvert.

J’ai l’honneur d’être, avec tout le respect possible …

* * * * * * * * * * * * * * * *

8ème pièce

À Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissime évêque de Maurienne
Supplie humblement
Pierre Mellarède Comte du Bettonet,  Ministre et Premier secrétaire d’État du Roi


Disant que dans l’église paroissiale dudit lieu du Bettonet il a une chapelle de son patronage dépendante de sa maison forte de Jordane sous le vocable de sainte Catherine, laquelle il a pris soin de mettre en état et de la fournir des ornements (tache) pour le décor d’icelle (tache) soit pour y célébrer la Sainte Messe, de laquelle chapelle (tache) revenu monte annuellement etc.

Et comme il est aussi patron d’une autre chapelle sous le vocable de Saint-Blaise et Saint-Eustache qui était ci-devant dans l’église de Chamoux et à l’entrée d’icelle ; mais qui fut détruite dans le même temps que l’église dudit Chamoux fut abattue pour la rebâtir, sans que ladite chapelle ait été rétablie ; en manière que, non seulement ladite chapelle a été négligée, mais encore les biens qui lui appartenaient ne restant que 12 fossorées de vigne dans le terroir de Freydière, paroisse de Châteauneuf, et demie seytorée de blachère, ayant depuis quelque temps réintégré de 5 seytorées ¼ deux pré dans le terroir de Chamoux  qui étaient occupées par Révérend Deglapigny sacristain de Chamoux, 
est nommé de laquelle chapelle révérend Gaudé, curé de Bourgneuf, dépourvu de faire le service dans son église.
Et comme ladite chapelle a été démolie à l’insu du seigneur suppliant, lorsque que l’on démolit  l’église paroissiale, il serait dans l’intention que ladite chapelle de Saint-Blaise et Saint-Eustache fût mise à la susdite de sainte Catherine sans prendre du droit dudit révérend Gaudé pendant sa vie, et sous l’offre qu’il fait d’en faire mettre à un des côtés de ladite chapelle un tableau avec les représentations de Saint Blaise et de Saint-Eustache et de l’autre côté un tableau égal de Saint-Sébastien et de Saint-Roch, si c’est le bon plaisir de V.I.G.
C’est pourquoi il recourt à ce qui lui plaise de faire l’union de ladite chapelle de Saint-Blaise et Saint-Eustache à la susdite Chapelle de sainte Catherine érigée dans la paroisse du Bettonnet, et dont le revenu par ce moyen se trouvera assez considérable pour l’entretien d’un Recteur.
Et sur ce, plaise pourvoir.

* * * * * * * * * * * * * * * *

9ème pièce

Sans date :

Note des biens de la Chapelle Saint Blaise et de Saint Eustache

12 fosserées de vigne vers le nant terroir de Freydières du fief du Betton
2 seitorées de blachère à Berre  paroisse de Chamoux
5 seitorées et un quarton  de pré au lieudit « aux loses »  rière Chamoux
Il doit encore avoir la cense de quatre cartes de froment dues par Pillet de Bourgneuf

Texte en latin, en bref :

Dans le registre des visites du Révérendisssime évêque de Maurienne du 24 mai 1493 à Chamoux, Barberi  recteur de la chapelle des Saints Blaise et Eustache, en la personne de Antoine Didolet ascensataire … …
Fondation de  la chapelle « 25 lib. Fortz »

Dans le registre de l’église de Chamoux par … … Révérendisssime Cardinal et évêque de Maurienne de Gorrevod   du 10 juin 1532, l’autel des Saints Eustache et Blaise, du patronage de noble Jordane et … est recteur Dom. Claude [Piccard] curé
Les fruits sont de 15 florins … …

Item,  dans le registre des visites de l’église de Chamoux par Révérendisssime Philibert de Challes évêque de Maurienne,  du 14 septembre 1539,
Visite de l’autel des Saints Blaise et Eustache du patronage de noble Jordane, et de … recteur Dom. Claude [Pyccard] curé
Les fruits sont de 15 --

Texte en français :

Ce que dessus est  écrit de la main du Chanoine Jacquier,  secrétaire de Monseigneur de Masin, évêque de Maurienne

fév.2020 - Recherche et transcription A.Dh.


Source: AD073 cote 43F 350 (archives du Bettonnet !)